La tragédie silencieuse du Kenya : une femme tuée tous les deux jours, mais la justice n'est pas en vue

Dans l'un des commissariats de police de Nairobi, la capitale du Kenya, des familles sont assises sur un vieux banc en bois, attendant leur tour auprès de l'agent de service. Certaines tiennent des photos décolorées de leurs sœurs et filles disparues. Elles ont l'air fatiguées et tristes, et certaines retiennent leurs larmes. C'est une scène familière au Kenya, où une femme est tuée tous les deux jours par son mari, un proche ou un inconnu, et où la justice n'est qu'un rêve lointain.
Selon Femicide Count Kenya, 160 femmes ont été assassinées en 2024. Rien qu'en janvier 2024, 39 cas ont été signalés, soit en moyenne une femme tuée chaque jour. Cependant, les groupes de défense des droits humains estiment que ce chiffre pourrait être bien plus élevé, car de nombreux décès ne sont pas signalés ou sont mal classés.
Pas seulement des statistiques
Pour Irene Wanja, ces chiffres ne sont pas que des statistiques. Ils représentent une douloureuse réalité. Sa fille Jane, âgée de 25 ans, a été tuée dans des circonstances mystérieuses et son corps a été jeté dans une rivière. Jane était pleine de vie, avec son teint chocolat, son sourire amusé, parfois un peu loufoque, et rêvait de devenir infirmière. Aujourd'hui, son avenir se réduit à un dossier de police qui prend la poussière.
« Elle a été assassinée de sang-froid. Je ne m'en suis jamais remise », dit Wanja en serrant contre elle une vieille photo de sa fille. « Aucune arrestation n'a eu lieu. Combien de mères devront encore pleurer leurs filles avant que les choses changent ? »...lire la suite de l'article sur RFI
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