Paix et sécurité en Afrique de l'Ouest : l'économie des jeunes et des femmes comme levier
Deuxième journée de la Semaine régionale de haut niveau sur les Femmes, les Jeunes, la Paix, la Sécurité et la Résilience économique en Afrique de l’Ouest et au Sahel
Abidjan, 29 septembre 2026
Après une première journée consacrée à l’engagement des femmes, la deuxième journée de la Semaine régionale de haut niveau sur les Femmes, les Jeunes, la Paix, la Sécurité et la Résilience économique en Afrique de l’Ouest et au Sahel a mis l’accent sur le rôle de la jeunesse dans la prévention des conflits, la consolidation de la paix et le développement économique.
Organisée du 28 septembre au 3 octobre 2026 au siège de la Banque africaine de développement, à l’immeuble CCIA à Abidjan, la rencontre s’inscrit autour du thème : « De la résilience économique à la consolidation durable de la paix et de la sécurité ».
L’après-midi a été marqué par un dialogue de haut niveau consacré à la mise en œuvre de la résolution 2250 (2015) du Conseil de sécurité des Nations Unies sur la jeunesse, la paix et la sécurité. La session a réuni des ministres, parlementaires, diplomates et représentants des délégations nationales.
Le ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Belmonde Dogo, a ouvert les prises de parole. Il a été suivi par le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel et Chef de l’UNOWAS, S.E. Leonardo Santos Simão. Le ministre de la Promotion de la Jeunesse, de l’Insertion professionnelle et du Service civique, Mamadou Touré, a ensuite insisté sur la nécessité de reconnaître les jeunes comme des acteurs à part entière de la prévention des conflits, de la consolidation de la paix et de la résilience.

Dans son intervention, le ministre a mis l’accent sur la participation effective des jeunes aux processus de décision, leur protection et leur accès à la formation, à l’emploi et aux opportunités économiques, particulièrement dans les zones fragilisées par les crises. Il a également appelé à renforcer les partenariats entre les États, les institutions régionales, les Nations Unies, le secteur privé et les organisations de jeunesse afin de mieux investir dans le potentiel de la jeunesse.
Les représentants des 16 pays de la région — Bénin, Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Mali, Mauritanie, Niger, Nigéria, Sénégal, Sierra Leone, Tchad et Togo — ont ensuite présenté leurs expériences nationales. Chaque délégation disposait de deux minutes pour mettre en avant une réalisation majeure dans les domaines de la jeunesse, de la paix, de la sécurité ou de la résilience économique, identifier un défi prioritaire, présenter une priorité d’action et formuler un engagement concret pour les douze prochains mois.
Un échange ouvert de trente minutes a ensuite permis d’approfondir les discussions autour de l’emploi des jeunes, de la vulnérabilité économique, de la résilience et du renforcement de la coopération entre les États.
La journée avait également été marquée par le dialogue de haut niveau consacré à la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité. La session a été ouverte par Mme Hassatou Diop N’Sele, vice-présidente et directrice financière du Groupe de la BAD, et le Dr Maxime Houinato. Plusieurs représentants et responsables de la région y ont pris part, dont l’ambassadeur MB Habib TB Jarra, secrétaire permanent du ministère gambien du Genre, de l’Enfance et de la Protection sociale, Mme Quade Nuria, conseillère du ministère de la Femme et de la Solidarité sociale de Guinée-Bissau, Mme Rikke Enggaard Olsen, ainsi que la cheffe de la coopération de l’ambassade du Danemark à Accra.
La ministre de la Femme, de la Famille et de l’Enfant, Nassénéba Touré, figurait également parmi les intervenants. Dans son discours d’ouverture, la veille, elle avait souligné l’importance de la résilience économique des femmes et des jeunes comme levier de prévention des crises.

Organisée par l’UNOWAS et ONU Femmes, avec l’appui de la Banque africaine de développement et de plusieurs partenaires, la Semaine régionale entend faire passer les discussions « du dialogue à l’action ». Au programme figurent notamment un laboratoire de leadership et d’innovation, une foire de l’innovation, un forum sur l’investissement et le financement, un concours de présentation de projets et une visite de terrain.
La rencontre vise à mobiliser 150 participants de haut niveau, à former 80 leaders et à favoriser au moins trois engagements concrets en matière de financement ou d’appui technique.
La deuxième journée a également été marquée par l’adoption de l’Appel d’Abidjan, qui réaffirme le rôle essentiel des femmes et des jeunes dans la prévention des conflits, la cohésion sociale, la consolidation de la paix et la résilience économique en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Le texte appelle notamment à renforcer les investissements dans l’emploi décent, l’éducation, la formation professionnelle, l’entrepreneuriat, l’innovation et l’accès aux financements. Il insiste également sur la nécessité d’assurer une participation effective des femmes et des jeunes aux processus décisionnels, aux processus de paix et aux mécanismes de prévention des conflits.
Les participants se sont engagés à investir davantage dans les femmes et les jeunes, en facilitant notamment leur accès à la formation, aux compétences, aux ressources et aux financements. Ils ont également réaffirmé leur volonté de renforcer leur participation à la gouvernance, à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix.
Ils ont enfin appelé à une meilleure coordination entre les gouvernements, les organisations régionales, les institutions financières, le secteur privé et les organisations de femmes et de jeunes. Une mobilisation collective destinée à renforcer durablement la paix, la cohésion sociale et la résilience économique dans la région.
La Semaine régionale entend ainsi faire émerger une dynamique commune autour d’une conviction forte : investir dans les femmes et les jeunes contribue à construire les conditions d’une paix durable, d’une plus grande stabilité et d’une prospérité partagée en Afrique de l’Ouest et au Sahel.
Florence Bayala
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