Pourquoi n`arrive-t-on pas à perdre le petit ventre malgré tous nos efforts ?

La bonne question.- Pourquoi le petit ventre résiste à tous les efforts alimentaires et sportifs ? Les réponses d’un endocrinologue et une médecin nutritionniste.

Bidou, bidon, brioche, petit ventre… de mignon il n’a que le nom. Coriace et insensible à tous les efforts alimentaires, il s’est installé là depuis la dernière année de fac. Soupe, salade, vélo-boulot-dodo… Rien ne lui résiste. Pourquoi donc quand le visage se creuse, le bidon ne fait que gonfler ?


«Il faut d’abord savoir de quel type de graisse abdominale on parle», souligne Faïza Bossy, médecin nutritionniste. La graisse sous-cutanée, la plus visible et inoffensive, se niche sous la peau alors que la graisse viscérale s’installe dans le ventre et entoure les organes. Peu visible au début, cette dernière est la plus dangereuse pour la santé. «A priori si on a un tour de taille inférieur à 88 centimètres, un indice de masse corporel normal, et un peu de ventre, il s’agit de graisse sous-cutanée», explique Faïza Bossy. Toutefois, seul un bilan médical pourra vous indiquer la nature de cette proéminence. Quelle que soit son origine, plusieurs facteurs interviennent dans sa présence et la difficulté de s’en débarrasser.


Un dérèglement hormonal
«L’une des raisons pour lesquelles certaines femmes ont du mal àperdre ce petit ventre est génétique», répond Pierre Nys, endocrinologue et nutritionniste à Paris. «L’insuline, l’hormone qui gère le taux de sucre dans le sang, intervient dans le processus de stockage des graisses dans la zone abdominale. En cas d’antécédents familiaux de diabète, il peut y avoir un dérèglement métabolique avec une sécrétion exagérée d’insuline au moindre excès de sucre», ajoute-t-il. Ainsi, même si l’on mange de façon équilibrée 90% du temps, le seul dessert que l’on s’autorise dans la semaine peut directement se nicher dans le ventre sous l’influence de ce dérèglement hormonal.
L’autre hormone responsable de stockage est le cortisol, l’hormone du réveil mais aussi du stress. «En cas de stress, il y a un excès de cortisol, responsable du stockage de graisses au niveau de l’abdomen», assure Pierre Nys. Selon lui, une meilleure gestion du stress est à intégrer dans sa routine pour ne pas ruiner tous les efforts alimentaires et transformer le moindre gramme de sucre en kilos supplémentaires.


La ménopause
La préménopause et la ménopause sont également des moments de la vie où les femmes accumulent de la graisse abdominale et ont du mal à la perdre. «C’est injuste, certes mais la nature est bien faite : c’est pour protéger notre capital osseux que l’on accumule de la graisse avec l’âge et que l'on en perd pas», explique Faïza Bossy. Il faudrait donc remercier la dame nature d’accorder ce privilège aux femmes et accepter une morphologie qui change avec l’âge. «Le relâchement cutané peut également donner l’impression d’avoir une surcharge abdominale, or il s’agit seulement de la peau qui se détend avec l’âge, tout comme pour le visage», détaille la médecin nutritionniste.

Alimentation et sport
Les deux médecins s’accordent à dire que certains ont l’impression de manger équilibré mais en sont encore loin. «Il ne suffit pas de se nourrir exclusivement de légumes pour perdre du ventre, il faut surtout adapter ses apports à son activité», affirme Faïza Bossy. En cas de sédentarité, elle conseille de réduire la taille des assiettes plutôt que de se priver de certains aliments.
Quant aux activités sportives, rien ne sert de faire des abdominaux tous les jours non plus. «Si l’on ne travaille pas le périnée puis le transverse, le muscle profond de l’abdomen, on n’aura pas un ventre plat», explique la médecin nutritionniste. Ajoutez-y au moins une séance de cardio type running ou vélo, pour brûler les graisses. Sans aucune garantie de la perdre donc. Peut-être faudrait-il seulement se reconcilier avec cette inoffensive brioche qui nous accompagnera encore quelques décennies ?