Ces adolescentes sont exclues des classes classiques parce qu`elles sont enceintes

En Sierra Leone, ⅓ des femmes enceintes sont des adolescentes. Depuis 2015, le gouvernement a décidé de les exclure des salles de classes traditionnelles car elles seraient un mauvais exemple pour les autres filles. Cette discrimination injuste, qui vient avant tout d'un manque d’éducation sexuelle, les condamne dans leur vie future et consolide les inégalités liées au genre.

Cette interdiction d’assister aux cours et de passer des examens pour les jeunes filles enceintes a été officiellement déclarée par les autorités publiques en avril 2015. Depuis - et grâce à la pression internationale - des classes spéciales pour les adolescentes enceintes ont été crées en Sierra Leone, mais cela ne résout pas le problème majeur de l’exclusion ni des inégalités femmes-hommes.

Ces classes spécialisées sont un système éducatif transitoire comme l’a annoncé le président sierra-léonais Ernest Bai Koroma “permettant aux filles enceintes de poursuivre leur scolarité, mais dans des locaux différents, ou à des horaires différents de ceux de leurs camarades.” comme le relaie Amnesty International.

Dans un autre discours prononcé à l’occasion de la Journée des femmes en mars 2016, le Président ose justifier cette exclusion en parlant de respect des valeurs et de la culture : ‘Elles continueront de recevoir un enseignement scolaire de type classique mais elles ne pourront pas se mêler dans une même classe aux autres filles qui vont à l'école. Il nous faut revenir aux principes de base et protéger nos valeurs et notre culture.’

Le manque d'éducation sexuelle en classes

Une jolie langue de bois quand on sait que c’est avant tout le manque d’éducation sexuelle et la crise liée à l’épidémie Ebola qui ont favorisé la hausse du nombre de grossesses chez les adolescentes. Amnesty International rappelle qu’en Sierra Leone, “l’information en matière de santé sexuelle et reproductive ne fait pas partie de l'enseignement dispensé dans les écoles classiques". La majorité des filles interviewées par l’ONG "ont dit qu'elles ne savaient rien de la planification familiale et qu'elles n'avaient pas ou quasiment pas reçu d'éducation sexuelle avant de tomber enceintes.”

Amnesty International écrit dans son rapport que “14 500 filles avaient intégré ce système et que près de 5 000 avaient été réintégrées dans le système éducatif classique après leur accouchement.” Toutefois, de nombreuses jeunes filles vivent très mal cette stigmatisation imposée.

 

 

Source : aufeminin.com

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