Isabelle Andoh Vieyra / Styliste : ``Je valorise la femme indépendante et forte dans mes créations``

Native de la Côte d’Ivoire, Isabelle Andoh Vieyra, mariée et mère de deux enfants, est une dame aimable qui fait partie du cercle très sélect des stylistes modélistes de son pays. 

Créatrice avisée et visionnaire, elle a, à son actif, une marque: “YSAND” qui fait son bonhomme de chemin. Nous sommes allées à sa rencontre pour en savoir davantage sur son incursion dans la sphère de la mode et ses ambitions dans le milieu.

 Nos lecteurs sont impatients de vous connaître. Pour commencer, pourquoi avoir choisi la dénomination “YSAND” pour votre marque ?

YSAND est avant tout ma marque. Cette dénomination découle vraisemblablement de la combinaison d’Isabelle Andoh. Le “Y” est juste ce qu’il y a de singulier et de fashion pour faire la différence en ajoutant un peu de style visuellement. C’est attrayant, beau, chic et glamour.

Dites nous, est-ce la mode qui vous a attirée, ou c’est tout le contraire? Et quel chemin avez-vous emprunté pour y arriver?

Je dirai bonnement que je suis née dans la mode,  je l’ai dans les gènes. Puisque mon univers de base est jalonné d’empreintes de stylistes, J'y ai grandi.  Je voudrais souligner ceci de particulier, ma mère était styliste, mon grand père aussi, mais je ne l'ai malheureusement pas connu. J’avoue franchement, nonobstant un passé lié au domaine, que J'ai toujours eu le béguin pour les vêtements, ils m’ont constamment  attirée. Je suis une férue de beaux vêtements depuis l’enfance. J'aimais toujours m'habiller avec un petit truc différent pour me démarquer. A cela, il faut ajouter, et c’est important, que la mode s’est imposée à moi. Dans mon cursus scolaire, je n’ai fait aucune étude relative à la mode. Encore mieux, je n'avais rien décidé concernant la mode. Après le collège et le lycée, j’ai obtenu le BAC qui m’a orientée vers des études de comptabilité et de gestion. Ce qui, bien entendu, a abouti à l’obtention du BTS.  Ce parchemin du BTS dans la poche, j’étais censée faire des études en expertise comptable. Il fallait choisir et mon goût très prononcé pour le stylisme et la mode a pris le dessus. Puisque j'avais vraiment hâte et envie d’en savoir davantage, comment le vêtement se faisait-il, et dans quelle mesure pouvoir justement rajouter ma petite touche personnelle, j'ai emprunté une autre voie. Celle que vous connaissez aujourd’hui.

(Rire) Et cela semble vraiment vous réussir?

Je pense que oui (rire), parce que la marque a été créée il y a quand même pas mal de temps. Elle résiste aux aléas du métier et du temps. “YSAND” écrit les plus belles pages de son histoire à travers une multitude de créations, la présence d’une clientèle qui a du goût, du répondant et qui inspire.

Le prêt-à-porter et vous, y a-t-il une histoire? Qu’est ce qui vous a motivé à vous orienter vers ce mode vestimentaire?

Ma philosophie est toute simple. un vêtement, pour moi, est fait pour être porté. Et je me suis rendue compte qu'il n'y avait pas vraiment de marque de prêt à porter en tant que telle. Le disant ainsi, il s’agit vraiment d’avoir une tenue disponible dans le même colorie et dans toutes les tailles. C'est déjà faciliter l'accès aux vêtements pour les femmes qui n'ont pas le temps de se rendre chez le couturier, d'aller acheter le pagne. Mon souci majeur était de permettre à la femme de rentrer dans une boutique, y prendre 5 tenues à son goût, qu'elle porte et que cela épouse tout de suite sa forme et sa taille sans être embêtée. Et je voulais surtout créer une marque qui soit authentiquement ivoirienne, c’est-à-dire faire un mix des vêtements que l’on trouve dans le monde entier et le pagne ivoirien. Mixer ces deux cultures pour réussir à faire sortir des tenues assez contemporaines, portables et qui tombent bien. Tel est mon objectif en créant  “YSAND” et en m’attachant au prêt-à-porter.

Quelles sont les matières que vous utilisez?

Je consomme plus les matières d’ici et d’ailleurs notamment le Wax que je mélange avec du coton, du jeans, de la popeline, du Kita...

Quelles sont, d'après vous, les prochaines étapes de l´évolution  de votre entreprise? vos projets dans l’univers de la mode pour les mois à venir ? Où l'imaginez vous dans 3 ans?  

La vision est noble et l’ambition gargantuesque pour les mois à venir et dans 3 ans. A court terme, j’en ai à foison. Cependant, il y en a un qui me tient à cœur. C’est la vente de patronages.  J’ai constaté, après moult observations, qu’ils sont nombreux nos couturiers qui ne savent pas faire du prêt-à-porter étant donné que  le prêt-à-porter est basé sur le patronage. Pour la plupart, la coupe se fait à main levée. Ce qui n’est pas forcément la meilleure des façons. L'idée c’est de vendre le patronage à ceux qui en sentiront le besoin et qui le veulent vraiment. J'imagine pour le long terme, dans trois ans, plusieurs boutiques “YSAND” ouvertes dans la sous-région et une représentation en Europe et peut être aux Etats-Unis, pourquoi pas.

Quelle image de la femme voudriez-vous mettre en valeur?

L'indépendance, pour une femme, est un droit que l’on acquiert difficilement. C’est donc celle qui a confiance en elle,  indépendante, forte que je valorise dans mes créations. Celle qui, sensiblement, sait où elle va, qui sait se différencier subtilement, qui n’est pas extravagante mais qui sait ce qu’elle veut.

Selon vous, quelles sont les compétences nécessaires à avoir pour réussir dans ce métier?

Rien de grand dans ce monde ne s’est réalisé sans passion. La passion est la première des choses car sans elle, je ne pense pas qu’on puisse se dépasser. A la passion, il faudra  franchement ajouter de la formation et beaucoup de rigueur.

Quels sont les grands événements de mode auxquels vous avez participé et quels enseignements en avez-vous tirés?

Il y en a plusieurs mais les plus grands restent AfrikFashion, Moreno’s Fashion, N’Zassa mode, le MASSA.

Où peut-on vous trouver ?

Il est possible de me trouver dans ma boutique (rire) située aux Deux Plateaux Vallon, au centre commercial en face de Cash Center. On peut également trouver les produits “YSAND” chez Etika, une boutique au Plateau à la Rue du commerce. Nous avons aussi une page Facebook animée par les produits et nos principales activités.

Un dernier mot à l’endroit de nos lecteurs et internautes ?

A part dire, allez visiter la boutique, sans oublier que la visite sera portée sur moi (rire), j’exhorte tout le monde et surtout ceux qui sont dans la mode, qui veulent vraiment y faire carrière, d’être passionnés. Et ne rien lâcher surtout, ne jamais abandonner. Il ne faut pas écouter les tueurs de rêve et de projet, mais écouter son cœur, savoir ce qu’on veut et savoir s’y tenir.

 

Florence Bayala

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