Comment coacher efficacement ses enfants?

C’est certainement le plus gros défi du 21è siècle : comment contrôler ses enfants et s’assurer de leur donner une bonne éducation à une époque où la plupart des parents n’ont plus le temps nécessaire pour s’occuper de leurs enfants. Sans aucun doute, il faut une actualisation dans la façon de s’y prendre et les points suivants sont déterminants lorsque vous voulez coacher efficacement vos enfants et obtenir le résultat que vous voulez avec eux, c’est-à-dire faire d’eux des adultes épanouis et prospères, responsables et autonomes.

1- Oubliez les règles et méthodes d’éducation que vous avez subies : elles ne sont plus efficaces

Comme on dit, lorsque le rythme du tam-tam change, il faut changer de cadence. La vanité de l’éducation des enfants au 21è siècle, c’est de vouloir utiliser les méthodes que nos parents ont utilisées pour éduquer nos enfants et espérer réussir ainsi avec eux. « Avec toutes les fluctuations que le monde a connu rien que les dix (10) dernières années, il est vraiment inefficace de vouloir éduquer ses enfants avec les mêmes méthodes. Nos parents n’étaient pas proches de nous, mais nos enfants ont besoin que nous soyons plus près d’eux et cherchions à les comprendre. Je me suis trompée pendant plusieurs années avant de comprendre que je ne peux rester loin de mes enfants et espérer les changer ni les influencer » explique Marie Elisabeth KONAN KOUADIO, comptable. La façon dont nous lavons nos habits, les repassons, la façon dont nous cuisinons, les équipements utilisés ont changé…Pourquoi penser que les méthodes d’éducation devraient rester les mêmes ?

2- N’utilisez pas vos critères d’appréciation, cherchez à connaitre leurs qualités et leurs rêves

Il est difficile d’être en phase avec ses enfants lorsqu’on n’utilise pas les mêmes critères que ceux qu’ils utilisent pour apprécier les situations. Vous est-il déjà arrivé de faire un reproche à l’un de vos enfants et qu’ils se mettent à rire ? En effet, il ne comprend pas pourquoi vous pensez que ce qu’il a fait est une stupidité. La vérité, c’est qu’en se référant à ses critères d’évaluation à lui, les nouvelles normes, il se rend compte de ce que vous êtes complètement à côté de la plaque. A vrai dire, il est en train de se moquer de votre ignorance. « J’ai induit ma fille en erreur en lui imposant de faire la médecine parce que de notre temps, c’était une garantie pour avoir un emploi sûr et bien payé. C’est toujours le cas peut-être mais ceci ne faisait pas partie des aspirations profondes de ma fille. Elle est passionnée de programmation informatique. J’aurais dû la laisser faire au lieu de lui avoir fait perdre autant d’années. J’ai fini par comprendre que nous n’avions pas les mêmes aspirations ni les mêmes critères d’appréciation des choses. J’aurais vraiment dû chercher à connaitre ses qualités et ses rêves à elle et non ce que je pensais être bon pour elle », confie un médecin gynécologue La plupart des parents se disent que leurs enfants ne sont pas responsables et qu’ils devraient choisir pour eux. Sauf dans la plupart des cas, ils ne seront pas là pour répondre de ces choix quand leurs enfants devront en subir les conséquences. Vous avez construit votre vie en faisant les choses que vous savez bonnes pour vous ou peut-être qu’on vous a imposé des choix que vous n’auriez jamais aimé faire vous-même. Pourquoi faire la même chose à vos enfants ? Pourquoi ne pas les associer et les intégrer aux choix qui vont régir leur vie et leurs 40 prochaines années ?

3- Enseignez les valeurs à vos enfants, ils sauront à quoi se référer quand ils vont grandir

S’il y a des choses qui vont marquer et continuent de vous marquer, ce sont ces phrases fortes que vos parents vous prononçaient et que vous avez gardé en souvenir. Au départ, vous ne compreniez pas ce qu’ils voulaient dire. Mais lorsque vous avez grandi, vous avez compris le bien fondé de toutes ses valeurs qu’ils vous enseignaient. Rien que le fait de vous rappeler : « mon père me disait… », « Ma mère me disait… », vous saviez exactement les dispositions à prendre dans certaines conditions. Vous devriez faire la même chose à vos enfants. C’est le plus grand service que vous puissiez leur rendre. « Tu sais quoi mon fils/ma fille, dans la vie, il faut savoir… ». Et parlant de valeur, vous n’allez pas leur enseigner n’importe quelle valeur ; il doit s’agir des valeurs universelles telles que l’amour, la passion pour le travail bien fait, le dur labeur, la recherche du bien commun, le pardon, la justice…Si vous vous concentrez à leur enseigner ces valeurs, ils sauront s’en souvenir et se baseront dessus pour se débrouiller tout le long de leur vie. C’est le plus grand service que vous avez à leur rendre si ce n’est le service le plus important.

4- Montrez-leur l’exemple, et vous serez leur première référence d’excellence et d’éthique

Le plus grand devoir des parents envers leurs enfants n’est pas de faire les choses à leur place mais de leur montrer un exemple à suivre. Nous n’y pouvons rien : les gens font ce qu’ils voient et personne ne peut y échapper. Nos enfants font ce qu’ils voient. Avez-vous déjà fait des reproches à un enfant et vous a argué qu’il ne comprend pas pourquoi vous le lui reprochez alors que telle ou telle personne fait la même chose ? Sortons un peu du classique qui voudraient que les gens fassent ce que nous disons et non ce sont nous faisons. La meilleure façon pour les parent de donner l’amour à leurs enfants et de leur enseigner l’amour, c’est pratiquer l’amour entre époux et surtout manifester l’amour envers l’ensemble des enfants. Les paroles violentes, les insultes, les bastonnades et les vengeances en présence des enfants ne font que leur enseigner ce qu’ils devront faire lorsqu’ils seront dans les mêmes conditions.  Prenons garde à ce que nous disons et faisons en présence de nos enfants parce que c’est exactement ce qu’ils diront et feront à leur tour.

5- Utilisez les questions pour les challenger, ainsi vous les entrainez à savoir questionner leurs choix

Au lieu de dire un enfant que ce qu’il a choisi n’est pas la bonne chose à faire et à choisir, les parents coaches leur posent des questions pour les défis : « Pourquoi c’est ce que tu as choisi ? Comment tu sais que c’est le bon choix ? Quel est l’objectif que tu veux atteindre en procédant ainsi ? Ne vois-tu pas une autre façon d’y arriver ? Quelle autre chose tu pourrais faire en plus et qui te permettrait d’avoir un meilleur résultat ? » ; « Je suis d’accord avec toi pour ce que tu veux faire. Maintenant, est-ce que tu t’es assis pour de demander : ceci me conduira-t-il à la vie à laquelle j’aspire ? » ; «  Mon fils, si c’est bon pour toi, c’est bon pour moi. Maintenant, pourquoi tu ne vas pas vérifier les conséquences auxquelles cela va te conduire et vérifier si tu es d’accord avec ces conséquences avant de passer à l’action ? Tu sais parfois on fait des choses sans réfléchir aux conséquences ». 

Lorsque vous utilisez les questions pour coacher vos enfants, vous les amenez à se poser intérieurement des questions et à s’entrainer à se poser des questions. Ce qui les aidera plus tard lorsqu’ils seront face à des difficultés et situations inédites. Contrairement à ce qu’on aurait pu penser, le fait de dire à une personne ce qu’elle doit à faire l’abrutit et lorsqu’elle se retrouve face à des situations inédites, il se perd. Nous ne pouvons pas régler toutes les situations a priori pour nos enfants mais nous pouvons les entrainer à se challenger, à challenger leurs choix et se poser assez tôt les bonnes questions. C’est le but du coaching parental par les questions.

6- Faites-leur vivre des expériences fortes, ils sauront vivre les choses eux-mêmes et apprendront plus

Rappelez-vous ce que disait Conficius pour nous enseigner des méthodes efficaces d’enseignements et d’éducations : « Lorsque j’écoute, j’oublie. Lorsque je vois je me souviens. Lorsque je fais, je comprends ». L’une des erreurs que la plupart des parents commettent lorsqu’il faut coacher leurs enfants, c’est de trop craindre pour eux et de leur éviter la difficulté alors qu’ils savent bien que c’est la capacité à affronter les situations qui permettent de murir.

Marva Collins, l’une des spécialistes de l’Education aux Etats-Unis, une femme noire qui s’est vue proposer à deux reprises le poste de Secrétaire d’Etat à l’Education sous Reagan et Bush Père, dit que les enfants doivent être préparés à affronter la vie. « Nous enseignons à nos enfants qu’il est possible d’être heureux tous les jours et sans interruption», ce qui constitue une stupidité selon elle. « Pire, nous leur volons ainsi l’opportunité de développer les capacités qui leur permettront d’avoir confiance en eux », pendant les moments difficiles. « Nous ne leur apprenons pas à passer les moments difficiles c’est pour cela que ces enfants se tuent entre eux, s’évaporent des salles de classe. Nous devons enseigner à nos enfants qu’il y a des moments difficiles dans la vie et comment passer ces moments difficiles et que la vie n’est pas une aventure de type : il y a que du bonheur tous les jours ».

Le fer s’aiguise au contact du fer. De la même manière, vos enfants vont devenir fort mentalement au contact des situations fortes. Si vous vous suppléer à eux quand il faut se laver, porter leurs habits, prendre un taxi, aller acheter au supermarché d’à côté, se rendre « à pieds » à l’école, vous les rendrez dépendant à vie et n’auront pas été préparés pour faire aux défis de la vie. De grâce, comme vous savez que vous ne serez pas là pour eux tout le temps, ne faites pas les choses qui leur fassent penser que vous serez là tout le temps pour les faire à leur place. Apprenez-leur à pêcher au lieu de leur donner à chaque fois du poisson.

 

Source: hcmagazines.com