Bac : 10 conseils pour aider nos ados

Nous avons, en tant que parents, un rôle majeur à jouer dans les révisions et la préparation de nos enfants aux examens (brevet, bac, concours). Tout simplement parce que nous vivons ensemble. À nous de trouver la bonne attitude pour être le meilleur accompagnateur possible, et apaiser leurs peurs plutôt que les attiser.

« Nous passons le bac ». Cette formule, Christine Henniqueau-Mary, psychopédagogue, l’a entendue à maintes reprises. Elle en dit long sur la façon dont nous, parents, vivons les périodes d’examens de nos ados. « En effet, analyse la psy, les parents ont l’impression de faire corps avec leur enfant. Et ce, même s’ils ne le souhaitent pas ou ne savent pas comment s’y prendre. » Résultat ? Nous appréhendons les épreuves avec inquiétude. Tout l’inverse de ce que nos enfants attendent de nous. « Les parents doivent bien garder en tête qu’ils ne sont pas les candidats, préconise Christine Henniqueau-Mary. Ils peuvent adapter leur comportement à la situation, conseiller et éviter de tomber dans les principaux pièges. Et c’est déjà beaucoup ! » Comment aider nos ados sans les crisper ou les stresser ? Voici 10 conseils à mettre en pratique.

Gérer le stress de son enfant

Passer son bac ou son brevet peut être stressant pour un adolescent. Les parents doivent être compréhensifs, mais ne pas encourager ce stress, au risque de voir leur enfant se noyer dedans, en spectateurs impuissants. « La première chose que je conseille aux parents, confie la psychopédagogue, c’est de dire à leur ado : “Je sais que c’est une période vraiment pénible et je comprends que tu la vives de façon difficile. Mais tes parents et ta famille n’ont pas à être le punching-ball de tes émotions. Ce n’est ni bon pour toi, ni bon pour nous. ” »

Conseil n°1 : Ne pas encourager le stress de son enfant en posant des limites : il est angoissé, c’est normal, mais cela ne doit pas se retourner contre nous.

Être calme, mais ferme

L’inquiétude des parents est parfois inévitable. Mais l’exprimer peut avoir des effets très pervers sur son enfant. D’abord parce que cela peut décupler ses propres peurs. Ensuite parce que cela peut être source de tension. « Les parents doivent autant que possible faire preuve de calme, pour donner de l’assurance à leur enfant. Cela revient à leur dire “Tu vas faire tout ce que tu peux. J’ai confiance en cela, et je vais t’y aider.” »

Conseil n°2 : Ne pas exprimer son propre stress nécessite de changer son attitude globale. Il ne s’agit pas d’être calme dans ses paroles, et complètement angoissé à d’autres niveaux de communication.

Eviter de dédramatiser l’examen

“C’est un examen banal, tout le monde le passe, 80 % réussissent”… sont autant d’arguments utilisés par les parents pour rassurer leur enfant. Mais qui ont en réalité peu de poids. « Les adolescents se trouvent, à ce moment-là, dans une sorte d’autisme émotionnel. Ils ont conscience que ce qu’ils vivent, des milliers d’autres le vivent aussi, mais cela n’a pas d’effet sur eux. Mieux vaut donc éviter ce genre de poncif, explique Christine Henniqueau-Mary. »

Conseil n°3 : Quel que soit le niveau de difficulté de l’examen préparé (BEP, Bac, concours d’entrée à Sciences Politiques) toujours garder à l’esprit que c’est important pour son enfant et ne pas le négliger.

Lui proposer de se fixer de petits objectifs

Faire des programmes, des plannings de révisions, c’est la méthode préférée des étudiants. Mais la plupart du temps, ils s’étendent à trop long terme, sont trop copieux et fatalement, deviennent indigestes. Se dire qu’ils auront bouclé tout le programme d’histoire d’ici 15 jours est trop vaste. Cela leur semble inaccessible, et donc, effrayant. « Ils doivent apprendre à se fixer de petits objectifs : “Aujourd’hui, j’ai tel créneau pour travailler, je vais faire ça.” C’est la politique des petits pas, qui permet à l’enfant de se projeter dans un futur proche. Ce soir, il pourra se dire, “J’ai fait ça” et lister ce qui a été fait, plutôt que ce qu’il reste à faire. »

Conseil n°4 : Mieux vaut voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide, cela crée du positif dans la pensée.

Lui parler des effets néfastes de l’anticipation

C’est l’anticipation, le fait de se projeter à la veille de l’examen ou le jour J, qui produit les peurs. Lorsque le candidat imagine l’épreuve (chercher sa place, recevoir sa consigne), son visage se décompose. « Anticiper, explique la psychopédagogue, c’est se projeter dans un futur qui nous semble aujourd’hui insurmontable. Pour les rassurer, on peut leur dire “C’est normal que cela t’angoisse d’imaginer cela, puisque tu n’es pas encore prêt.” »

Conseil n°5 : L’anticipation n’est positive que lorsqu’il s’agit de s’imaginer en train de réussir une épreuve. Se dire “Ce chapitre, je l’ai bien compris, si c’est celui-ci qui tombe, je vais y arriver” ajoute une dimension émotionnelle positive à ce que l’on vient de travailler.

Ne pas imposer les méthodes qui nous ont aidé

« Moi je faisais comme ça » est la phrase type qui révulse la plupart des adolescents. « Ils ont le sentiment que c’est quelque chose de très arbitraire, avec un mode impératif sous-jacent “Fais des fiches”, “Relis trois fois ton cours”… Il vaut mieux dire “Il y a différentes manières de travailler, est-ce que tu en as essayé certaines ? Laquelle te semble être la plus efficace pour toi ?” »

Conseil n° 6 : Laisser la porte ouverte à son enfant. Accepter qu’il puisse refuser votre aide mais lui dire qu’il peut toujours revenir vers vous s’il a le sentiment de piétiner.

Lui proposer d’inverser les rôles

Transposer la relation prof-élève classique à la relation parent-enfant est souvent contre-productive. La solution inverse, surtout lorsqu’elle est bien argumentée, est généralement plus appréciée des ados. « Il s’agit simplement de leur dire “Moi je ne sais pas ou je ne me souviens plus. Donc apprend-moi, explique-moi.” Cela va permettre à l’étudiant de savoir si il maîtrise ce qu’il a appris, s’il est capable de redire les choses avec ses propres mots et surtout, cela va optimiser sa mémoire. »

Conseil n°7 : Proposer à son enfant de nous faire la leçon, et reprendre avec lui les points sur lesquels il aurait des difficultés.

Ne pas parler d’un éventuel échec

Pour rassurer leur enfant, certains parents sont tentés de relativiser l’échec. De lui dire que s’il échoue, ce n’est pas si grave, qu’il repassera son examen l’année prochaine. « Ce n’est pas du tout approprié, affirme Christine Henniqueau-Mary, car ce n’est pas le moment. L’idée, c’est de rester positif : “Aujourd’hui, tu fais tout ce que tu peux pour réussir. ” Mais il ne faut pas se fâcher si son ado part défaitiste. C’est en quelque sorte nier ses angoisses et cela peut lui sembler très méprisant. »

Conseil n°8 : Si votre enfant vous dit “De toute façon je ne l’aurai pas”, il faut lui répondre que vous comprenez qu’il ait peur, mais que cela l’empêche d’être dans l’instant présent, d’être dans l’action.

Lui laisser le choix

Proposer son aide doit rester une offre sympathique et ponctuelle. Il est évident que les étudiants ne vont pas réviser toutes leurs matières avec leurs parents. Mieux vaut donc le laisser choisir ce qu’il souhaite réviser avec vous, plutôt que l’inverse. « Lui dire, “Dis-moi ce que tu voudrais travailler et quand”, c’est jouer un rôle actif tout en lui laissant le plus de marge de manœuvre. C’est ainsi qu’il prendra goût à travailler avec vous. »

Conseil n°9 : Si votre ado n’a pas envie de travailler avec vous ou que cela ne fonctionne pas entre vous, vous pouvez aussi lui suggérer de réviser avec un binôme, un camarade de classe. Il est aussi possible d’avoir recours, si nécessaire, à un professeur particulier.

Le laisser réviser à sa façon

Qui n’a jamais entendu un élève dire “Ce chapitre là, je l’ai relu au dernier moment et c’est celui qui est tombé à l’examen.” « Même si les parents craignent que leur enfant se couche tard pour travailler, ce qui nuirait à sa concentration et à ses capacités le jour J, il est important de le laisser faire s’il veut réviser à la dernière minute. Et ne pas lui dire “C’est trop tard, c’est fini, ce n’est plus le moment.” S’il a besoin de se rassurer en se replongeant dans ses révisions, ce n’est pas un mal. »

Conseil n°10 : Pour ne pas qu’il passe ses nuits à bachoter, demandez-lui d’organiser son temps et de se fixer des limites : “De combien de temps as-tu besoin et à quelle heure est-ce que tu décides de t’arrêter ?”

Enfin, ce n’est pas parce que l’un de nos enfants passe un examen important que toute la famille s’arrête de respirer. En effet, il est possible de faire de sa maison un environnement de travail agréable sans pour autant mettre en place de grands changements. Les encouragements et le soutien passent très bien par de simples petites attentions du quotidien. Préparer à son enfant son plat préféré la veille de l’examen, demander aux frères et sœurs d’écouter leur musique moins fort… Par ailleurs, pendant les révisions, mieux vaut éviter de se crisper sur ce qui est habituellement source de conflit, comme le rangement de la chambre. Cela risque de rajouter du stress a une situation déjà tendue et de donner au jeune un prétexte tout trouvé pour se braquer et donc, refuser toute aide parentale ensuite.

 

Source : psychologies.com

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