Partager, remercier, pardonner... c`est durant la petite enfance que se transmettent ces valeurs

Partager, remercier, pardonner : nos plus belles valeurs s’apprennent dès la petite enfance, souvent en toute inconscience! Pourtant, chacune reste un défi pour les tout-petits. Que peut-on attendre d’eux, à quel âge? Avant 4 ans, les tout-petits comprennent clairement seulement ce qu’ils peuvent voir ou observer. Ils comprennent donc difficilement les valeurs puisqu’elles sont abstraites. Leur expliquer le sens ainsi que les conséquences de vos gestes et des leurs les aidera à mieux comprendre.

À partir de quand?

Un enfant est capable de générosité à partir du moment où il est capable de produire un dessin ou un bricolage et de l’offrir à quelqu’un. Il ne comprend pas encore le concept de partage, mais il comprend alors qu’il fait plaisir à quelqu’un en lui donnant ce qu’il a fabriqué. Jusqu’à environ 4 ans, un enfant a l’impression que tout lui appartient, sauf si on lui dit le contraire. Il perçoit les jouets comme une prolongation de sa personne. Pour lui, partager équivaut à se séparer d’une partie de lui-même. Il a également de la difficulté à se mettre à la place de l’autre. Il comprend mal qu’un autre enfant peut ressentir de la peine ou de la colère s’il refuse de partager. Voilà pourquoi la grande majorité des conflits entre les tout-petits sont des conflits de possession. En grandissant, ils apprennent à prêter plus spontanément afin de créer et de maintenir des liens positifs avec leurs amis. À partir de 3 ans, les enfants ont plus de facilité à partager, mais cela est de courte durée. Les enfants de 4 ans, eux, sont plus aptes à échanger des idées et des jouets. L’important est de pratiquer le partage avec eux et de souligner leurs succès!

Comment l’aider?

- Faites-lui fabriquer quelque chose à offrir en échange de ce qu’il reçoit. Vous lui donnez ainsi du pouvoir tout en respectant ses capacités.

- Montrez l’exemple quotidiennement. Cela ramènera le partage à un niveau que votre enfant sera capable de saisir. Par exemple, faites-lui remarquer ce que vous faites quand vous partagez une orange avec lui ou quand vous prêtez une pelle à un voisin. Dites-lui : « Tu vois, je la lui prête, puis il va me la rendre après. »

- Apprenez-lui la notion du tour de rôle. « Tu joues quelques minutes avec ce jouet, et ensuite ce sera le tour de ton frère ». Cela l’aidera à mieux comprendre que d’autres que lui convoitent également le jouet qu’il aime bien.

- Favorisez les jeux où la collaboration et la coopération sont mises à profit, comme les blocs de construction, les casse-tête ou les jeux de société en duo. Cela permettra à votre enfant d’apprécier l’apport d’un autre – enfant ou adulte – dans ses jeux. Que faire quand il refuse de prêter ses jouets, à la garderie ou au parc?

- Établissez des règles simples de partage. Expliquez-lui : « Tu peux prendre un jouet seulement si personne ne l’utilise. Sinon, demande à l’ami qui le tient s’il peut te le prêter en disant “s’il te plaît”. S’il accepte, tu peux lui dire “merci” et lui prêter un de tes jouets en retour. S’il refuse, tu dois choisir un autre jouet qui est disponible. »

- Renforcez la valeur du partage. Évitez d’intervenir en forçant votre enfant à partager ses jouets aussitôt qu’un autre enfant le lui demande. Mieux vaut dire : « Tu peux jouer avec ce jouet un petit moment. Cependant, quand tu auras terminé, veux-tu aller le porter toi-même à ton ami qui voudrait l’avoir? » Ensuite, faites remarquer à votre enfant combien son copain est content : « Regarde comme tu lui as fait plaisir! C’est grâce à toi qu’il est content! » Au lieu de décider pour lui, vous encouragez ainsi le partage.

Le respect

Le respect est un sentiment qui porte à interagir avec une personne ou un objet avec considération et en le traitant avec soin. Il peut s’appliquer à soi, aux autres ou à leurs jouets, à la nourriture, ou encore aux « différences » des autres. L’apprentissage du respect consiste donc à faire comprendre à votre tout-petit que le monde entier ne tourne pas autour de lui et que les besoins et les désirs des autres doivent parfois passer en premier.

Cela peut aussi vouloir dire de faire attention aux choses ou de ne pas monter sur les meubles. Par exemple, vous pouvez expliquer à votre enfant que les livres sont précieux et ne sont pas faits pour être lancés. Même les tout-petits de 18 mois peuvent comprendre cette explication.

À partir de quand?

L’apprentissage des comportements dits prosociaux commence très tôt. Par exemple, lorsqu’un bébé de 5 mois mord le sein de sa mère, celle-ci déclare déjà : « Non, tu ne dois pas faire ça! » Plus tard, vers 2 ans, quand il veut utiliser la glissoire au parc, il doit faire la ligne et attendre son tour. Ensuite, vers 3 ou 4 ans, votre enfant commence à interagir avec les autres enfants de son âge. Il veut montrer à ses camarades qu’il applique les « règles du jeu ». Cependant, il est surtout sensible à l’approbation de ses parents et veut leur faire plaisir. Prendre le temps de féliciter votre tout-petit lorsqu’il pose des gestes comme attendre son tour, partager ou demander avant de prendre un objet aura donc des effets positifs. Cependant, il faut se rappeler que le respect reste une valeur très abstraite jusqu’à l’âge de 4 ans. Avant cela, un enfant n’est pas capable de se mettre à la place des autres et de comprendre un autre point de vue que le sien. De plus, l’apprentissage du respect entre en conflit avec la « phase du non » qu’il traverse. Cette phase d’affirmation de soi où l’enfant a besoin de pousser, de frapper, de mordre, de parler fort, d’exagérer sa colère est une étape normale et importante : l’enfant commence à prendre conscience de son pouvoir et veut contrôler son univers.

Comment l’aider?

Respectez votre enfant et demandez-lui qu’il fasse de même. En vous adressant à votre enfant sur un ton calme et en utilisant les formules de politesse vous-mêmes avec lui (s’il te plaît, merci), vous l’aidez à agir de cette façon à son tour.

- Partez de l’expérience de votre enfant pour que le respect devienne moins abstrait. Par exemple, dites-lui : « Te rappelles-tu, hier, tu es tombé et ça faisait mal... Eh bien, c’est la même chose quand tu pousses ton copain. » En partant d’une expérience connue, significative pour lui, il lui sera plus facile de comprendre la situation. En effet, c’est encore un défi pour lui de ne pas être centré sur ses propres expériences. Par conséquent, il est inutile de dire à un enfant de 2 ou 3 ans : « Aimerais-tu te faire lancer du sable dans les yeux? Aimerais-tu te faire arracher un jouet? » Il répondra « non » parce que vous avez l’air en colère, mais il ne comprendra pas vraiment le sens. D’une part, il a encore une grande difficulté à considérer le point de vue de l’autre. D’autre part, il n’a pas encore bien intégré que des comportements peuvent être bien ou mal, autrement que par les réactions des adultes à ces comportements.

- Apprenez-lui à respecter ses jouets pour qu’il apprenne à respecter ceux des autres. En lui rappelant la valeur des objets, vous lui ferez comprendre qu’il faut prendre soin de son environnement. Le maintien de l’ordre dans sa chambre sera une suite logique de ce respect des choses. Pour l’inciter à ranger ses jouets, expliquez-lui que s’il veut retrouver son dinosaure demain, il a tout intérêt à le ranger dans la bonne boîte, toujours au même endroit.

- Laissez-le s’approprier un toutou favori, que personne ne peut lui confisquer ni utiliser à sa place. C’est une manière simple de l’aider à respecter les possessions d’autrui, et cela l’aidera à comprendre pourquoi certains objets méritent un traitement spécial. Vous pourrez alors lui dire : « De la même façon que tu ne veux pas qu’on joue avec ton toutou, grand-maman ne veut pas que tu sautes sur son divan. »

Le pardon

À partir de quand?

Être capable de dire pardon, ou de pardonner un ami, vient avec la compréhension du « droit à l’erreur ». C’est un concept qui est compris assez tard, vers 5 ou 6 ans. Lorsque votre enfant comprend qu’il a le droit de se tromper, vous pouvez l’inciter à voir que les autres aussi ont donc le droit de se tromper. Très souvent, quand on dit à un tout-petit : « Va t’excuser, dis-lui que tu regrettes et fais-lui un bisou. », il le fera parce qu’on le lui demande, mais pas parce qu’il a compris. Cela devient une petite routine par laquelle il faut passer pour retourner jouer.

Comment l’aider?

Expliquez-lui qu’il a le droit à l’erreur. Cela le sécurisera et il deviendra capable de s’excuser et de pardonner aux autres. Partez de sa propre expérience pour lui faire comprendre la peine de l’autre. Dites-lui, par exemple : « Tu te rappelles quand ta petite sœur a brisé ton camion? Tu as eu beaucoup de peine et tu étais content qu’elle s’excuse. »

- Apprenez-lui qu’il y a des conséquences lorsqu’il pose un geste et qu’il peut réparer son geste pour s’excuser. S’il vole le jouet d’un ami, demandez-lui de le rendre et accompagnez-le dans sa demande de le réemprunter. S’il brise le jouet d’un ami, enlevez-lui le jouet et demandez-lui d’en donner un autre pour le remplacer. S’il tape son ami, faites-lui mettre une petite débarbouillette froide là où ça fait mal et demandez-lui de le consoler, s’il est assez grand pour le faire.

L’honnêteté

À partir de quand? Chez les tout-petits, le mensonge est un jeu, et ce n’est qu’après 4 ans qu’ils deviennent conscients que cela peut poser des problèmes. Souvent, même, ils nous l’avouent. « C’était une petite blague », disent-ils avec leur grand sourire. Avant cet âge, il est donc normal que tous les enfants racontent des histoires. Ils camouflent, enjolivent ou transforment la vérité. Ils sont tellement dans l’imaginaire qu’ils racontent des histoires, soit pour se rendre intéressants, soit pour éviter de nous faire de la peine ou nous fâcher. Chez les tout-petits, une imagination active est plutôt un « signe de bonne santé émotionnelle, même si elle mène à des contrevérités », écrit le pédiatre américain T. Berry Brazelton. Du côté des parents, il n’est pas nécessaire d’encourager ces mensonges en faisant semblant de croire à toutes leurs histoires. Et n’oublions pas qu’il nous arrive aussi de leur mentir, ne serait-ce qu’à propos du père Noël ou de la fée des dents.

Comment l’aider?

- Amenez-le à exprimer ses émotions. Incitez-le à dire avec des mots qu’il est triste, heureux ou fâché dès qu’il en sera capable. Vous pouvez aussi l’encourager à verbaliser ses émotions avec des jeux, des toutous, des figurines ou même à l’aide d’un dessin. Il est parfois plus facile pour les enfants de s’exprimer de cette façon. Apprendre à dire les vraies choses et à les nommer est une façon d’apprendre l’honnêteté.

- Essayez de comprendre les circonstances qui ont entraîné le mensonge, en particulier si celui-ci a causé du tort et si votre enfant en est conscient. Aidez-le à comprendre ces circonstances lui aussi et croyez en ses bonnes intentions. Vous pouvez aussi l’aider en lui expliquant pourquoi un mensonge peut poser problème. Dès que l’enfant parvient à reconnaître la vérité, vous êtes sur la bonne voie!

- Ne réagissez pas sévèrement. Votre enfant n’est pas toujours conscient des conséquences de ses gestes, et c’est souvent après l’avoir commis qu’il pourra en ressentir de la culpabilité, prévient le pédiatre T. Berry Brazelton. Si vous réagissez trop violemment, vous risquez d’obtenir le contraire de ce que vous souhaitez. Si les mensonges se multiplient et sont de moins en moins compréhensibles, demandez-vous si vous êtes trop exigeant avec lui.

Le plaisir

À partir de quand? Dès que l’enfant naît, il aime partager avec vous les moments de plaisir, même s’il n’en est qu’un minuscule spectateur. À 2 ans, il est votre petit apprenti; à 3 ans, votre coéquipier; et à 4 ou 5 ans, sans doute l’animateur. Le plaisir est une valeur qui peut s’exprimer au quotidien et avec toutes les autres valeurs que vous inculquez à votre enfant. C’est grâce au plaisir que nous apprenons et que nous évoluons le plus. Si nous gardons à l’esprit que tout peut se faire par plaisir et dans le plaisir, on peut arriver à faire beaucoup de choses. Il est plus facile d’apprendre et de se développer par le jeu que d’utiliser des méthodes d’éducation plus répressives ou rigides.

Comment l’y aider?

Incluez votre tout-petit dans vos moments de plaisir : la cuisine, le bricolage, la peinture ou le dessin, la confection de votre album de famille ou le jardinage.

Organisez des activités avec lui et partagez, de temps en temps, ses moments de jeux. C’est ainsi que vous lui transmettrez la valeur du plaisir. Rappelez-vous que, pour un jeune enfant, c’est le fait d’être avec ses parents qui lui offre le plus de plaisir, et non pas l’activité comme telle.

Enseignez-lui que le plaisir se trouve avant tout dans les choses simples. Le plaisir, c’est un tas de petits gestes qui deviennent plaisants parce qu’on les fait ensemble.

- Donnez l’exemple. À partir du moment où ils viennent au monde, les enfants nous observent pour savoir comment agir dans l’espace, comment se comporter avec les gens ou comment utiliser les choses. Vous servez donc d’exemple pour chacune des valeurs que vous souhaitez leur transmettre : la politesse, le courage, le partage, l’honnêteté... Les mots que vous utilisez ne représentent qu’une petite portion de leur apprentissage quand ils sont petits. Vos gestes sont beaucoup plus importants.

- Remarquez quand votre enfant fait bien les choses. Si vous relevez ses bons comportements, plutôt que ses mauvais, il apprendra qu’il retient facilement votre attention lorsqu’il agit bien, et non pas uniquement en faisant une bêtise. Par exemple, vous pouvez lui dire que vous aimez qu’il joue calmement et qu’il pose ainsi ses blocs sur la table.

- Expliquez-lui les conséquences de son comportement pour qu’il comprenne en quoi il a mal agi. Ça lui donnera envie de s’améliorer.

- Habituez-le à essayer de comprendre ce que ressentent les autres : leurs peines, leurs joies, leurs émotions ou leur colère. Cela développera son sens de l’empathie. Pour cela, expliquez-lui ce que vous ressentez. Vous pouvez lui dire avec honnêteté comment son comportement vous atteint. Il reconnaîtra ses propres émotions dans les vôtres, comme un miroir, et sera capable de mieux vous comprendre. Dites-lui, par exemple : « Je me sens fâchée parce que tu fais tellement de bruit que je n’arrive pas à parler au téléphone. » En commençant ainsi vos réprimandes par « je », vous donnez une chance à votre enfant de se mettre à votre place.

- Mettez-vous d’accord à l’avance sur les conséquences de certains comportements. Il peut même vous aider à fixer la conséquence ou, au moins, accepter à l’avance celle que vous aurez fixée. Cela évite de nombreux conflits et développe le sens de la responsabilité, puisque l’enfant peut expérimenter lui-même la conséquence de son attitude.

 

Source: naitreetgrandir.com

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