Fécondité : ce qui nuit à nos chances de procréation

De nombreuses idées reçues circulent sur la façon d’optimiser ses chances de grossesse. Pour éviter les déconvenues, il est temps de leur tordre le cou.

Lorsqu’une grossesse tarde à venir, les couples en désir d’enfants se posent mille et une questions. Bien que désarçonnés, ils n’osent pas toujours interroger leur médecin sur le processus naturel de procréation et les facteurs susceptibles de l’enrayer. D’où l’idée des docteurs Lucie Delaroche et François-Xavier Aubriot, respectivement biologiste médical et gynécologue, d’écrire un livre très complet sur le sujet (« Désir d’enfant, 100 conseils essentiels »), à la lueur des toutes dernières études scientifiques.

Le surpoids nuit à la fertilité

L’excès pondéral peut perturber l’ovulation chez la femme. La fertilité féminine diminue en effet de 8% en cas de surpoids et de 18% en cas d’obésité. Et le taux de fausse-couche augmente également avec l’acquisition de kilos surnuméraires, tout comme le risque de complications durant la grossesse (hypertension, diabète gestationnel…). La maigreur n’est pas non plus conseillée, dans la mesure où elle se traduit souvent par une aménorrhée (absence de règle) et un arrêt de l’ovulation. Chez l’homme, le surpoids peut aussi constituer un obstacle à la procréation en induisant une perturbation hormonale et une baisse de la qualité du sperme.

Le tabac, un frein à la reproduction

Il n’est pas simple d’arrêter de fumer quand on n’arrive pas à tomber enceinte car cela impose de devoir gérer deux grosses sources de stress en même temps. Mais le tabac est à proscrire : il vieillit prématurément les organes reproducteurs. « Fumer ajoute dix années à l’âge reproductif de la femme, constatent les Dr Delaroche et Aubriot. Une fumeuse de 30 ans pourra ainsi rencontrer les mêmes difficultés à concevoir qu’une non fumeuse de 40 ans ». Le tabagisme augmente en effet le risque de stérilité tubaire (trompes non perméables) et de lésions au niveau du col de l’utérus. Il réduit en outre le stock d’ovules en devenir dans les ovaires et élève le délai de conception. Le risque de grossesse extra-utérine est par ailleurs accru. Comme les cigarettes renferment quantité de composés toxiques, la qualité du sperme des fumeurs est également amoindrie. « Il n’est pas rare qu’une grossesse survienne après un simple arrêt du tabac de la part d’un homme dont le spermogramme était légèrement altéré », soulignent les deux experts.

Avoir pris la pilule n’est pas un inconvénient

La contraception hormonale est fréquemment accusée de rogner les chances ultérieures de grossesse. Or elle n’altère en rien la fertilité future. Après l’arrêt de la pilule, le cycle hormonal naturel reprend son cours. Une étude berlinoise réalisée dans le cadre du Programme européen de surveillance active sur les contraceptifs, a montré que 21% des femmes étaient enceintes le mois suivant l’arrêt de leur pilule, soit un taux équivalent aux chances de grossesse par cycle des femmes n’ayant jamais utilisé de contraceptifs. La durée de la prise de pilule n’interfère pas non plus : 79,3% des femmes ayant pris un contraceptif oral pendant moins de 2 ans sont tombées enceintes dans l’année, contre 81% des femmes l’ayant prise plus longtemps.

Et les fibromes ?

Tout dépend de leur localisation Ces tumeurs bénignes de l’utérus peuvent perturber l’implantation d’un embryon si elles forment une protubérance dans la cavité utérine. L’ablation de tels fibromes - interstitiels ou intracavitaires - doit alors être envisagée, surtout lorsqu’ils deviennent volumineux et déforment l’utérus. Les fibromes sous-séreux, qui se développent vers l’extérieur de l’utérus, n’altèrent généralement pas la fécondité… sauf si ils prolifèrent en direction des trompes de Fallope et compromettent la réception des ovules libérés par les ovaires. Leur suppression en vue d’une grossesse doit donc être envisagée au cas par cas, selon leur taille, leur nombre et leur localisation.

Les ovaires micropolykystiques : un impact sérieux sur la fertilité

Ce syndrome ovarien n’est pas anodin pour les femmes en désir d’enfant car il génère des troubles de l’ovulation, des cycles très irréguliers et des règles chaotiques, voire absentes. Il peut ainsi altérer sérieusement la fertilité. Un traitement hormonal est donc conseillé pour maximiser ses chances de grossesse. En cas d’échecs répétés, il faut se tourner vers un centre de procréation médicalement assisté (PMA) pour bénéficier d’une fécondation in vitro (FIV).

L’âge conditionne les chances de réussite

C’est un fait : les Françaises maternent de plus en plus tard. Deux femmes sur 10 ont leur premier enfant après 35 ans aujourd’hui, contre 26 ans au milieu des années 1970, selon l’Enquête nationale périnatale publiée en octobre 2017. L’allongement de la durée des études, la difficulté à trouver un travail fixe ainsi que le changement de priorités personnelles sont en cause. Mais il faut savoir que l’âge de la femme a une importance cruciale dans le processus de procréation. Son stock d’ovocyte, déterminé à la naissance, tend à diminuer tant en quantité qu’en qualité au fil des ans. Résultat : « les chances de devenir enceinte par cycle sont de 20% pour une femme de 30 ans, contre 5% pour la même femme à 40 ans », précise les Dr Delaroche et Aubriot. Chez l’homme, l’âge est moins déterminant puisque la production des spermatozoïdes est réalisée en continu. Mais sa fécondité s’amenuise tout de même peu à peu. Le risque de fausse-couche de sa compagne augmente dès que le père franchit le seuil des 45 ans.

 

Source: marieclaire.fr

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