En Côte d’Ivoire, le cheveu crépu a trouvé ses avocates

Abidjan, sa lagune, sa douceur de vivre et... ses rajouts capillaires : en Côte d’Ivoire, le cheveu naturel, crépu, est une rareté, pour laquelle quelques milliers de jeunes femmes, les Nappy de Babi, ont décidé de se battre.

Début février, un forum d’un nouveau genre se tient à Cocody, un quartier huppé de la capitale économique ivoirienne : ses participants sont tous des femmes, à une exception près. L’heure est aux conseils de beauté, à la splendeur africaine.

Les "Nappy", un mélange de "naturel" et de "happy", de "Babi", un surnom d’Abidjan, se veulent une édition 2.0 des réunions entre filles. Les convocations se font via facebook - le groupe, créé il y a plus de deux ans, compte 2.400 membres - dans un endroit public, une fois tous les deux mois environ.

L’on y échange ses trucs et astuces, ses petits secrets, ses inconforts capillaires. Des stands vendent des produits ethniques, traditionnels, naturels... Des ateliers pratiques sont organisés, à l’ombre d’une tonnelle.

- "Comment fais-tu pour savoir si tes cheveux sont hydratés ?", demande une jeune participante à Bibi Gagno, une juriste américano-ivoirienne de 29 ans, dont la très longue chevelure, non coupée depuis cinq ans, est savamment enroulée au sommet de son crâne.

- "Et bien... quand ils sont durs et secs, ça veut dire qu’ils ne le sont pas du tout", lui répond-elle, sérieuse. Avant de proposer ses propres produits cosmétiques, à base de "beurre de karité, d’huile de coco et de jojoba", aux vertus curatives.

La discussion peut sembler lunaire vue d’ailleurs. Elle revêt pourtant un intérêt crucial en Côte d’Ivoire, où le cheveu disparaît à l’adolescence sous rajouts et perruques, fréquemment changés.

Du coup, les femmes africaines "ne savent pas s’occuper", de "leurs cheveux crépus", qu’elles ont "des problèmes" à "sublimer", observe Miriam Diaby, l’une des fondatrices des Nappy de Babi.

Autre problèmes, de taille, pour les libérées de l’épi : "la société n’aime pas les cheveux afros qui débordent de partout", poursuit-elle. La gente féminine est donc "obligée" d’"aborder des coiffures un peu plus conventionnelles", soit "défriser ou se tisser les cheveux", pour des questions d’emploi.

Si "black is beautiful" fut le cri de ralliement des américain(e)s noir(e)s dans les années 1960, leurs soeurs africaines doivent encore s’émanciper du modèle blanc dominant, estiment les Nappy.

"Quand je suis arrivée à Abidjan (après une jeunesse passée aux Etats-Unis et quelques années en Europe), j’ai remarqué, et ça m’a marquée, que toutes les pubs montraient des femmes au teint clair avec les cheveux longs et lisses. Pourtant, ici les femmes ont le teint noir chocolat", observe Bibi Gagno, qui à force de se faire complimenter, en anglais, pour son impressionnante toison, a créé un site, omgiloveyourhair.com (pour OMG - Oh my God, oh mon Dieu - J’aime tes cheveux.com).

La peau claire, notamment grâce aux produits de dépigmentation, cancérigènes, est "synonyme de réussite", regrette la néo businesswoman. Le cheveu lisse itou.

Aller à l’encontre de la tendance dominante provoque des réaction inattendues. "Les gens ont du mal. Quand ils voient vos cheveux naturels, ils vous regardent comme si vous étiez une paria, comme s’il y avait un souci, alors que ça devrait être normal", s’étonne Liliana Lambert.

Et cette métisse européenne de 27 ans, d’origine ivoirienne, à la chevelure fournie encerclée de fleurs, de raconter les gens "qui veulent tout le temps toucher (ses) cheveux", "parce qu’ils ne connaissent pas". "C’est juste de l’ignorance", sourit-elle.

Seul Nappy-boy présent à la rencontre, Ange-Dady Akre-Loba, styliste de 28 ans à la coupe mi-long, plaide également pour la lutte contre la pensée unique capillaire. "Ici, à partir de cinq centimètres, c’est trop long. Le fait même de ne pas se coiffer, de ne pas avoir les cheveux très ras, c’est considéré comme avoir (...) trop de cheveux. On va dire que j’ai un peu trop de cheveux pour beaucoup", ironise-t-il.

Les hommes moins conformistes doivent ainsi "rester discrets", constate Ange-Dady, qui explique avoir pu se laisser pousser les cheveux à la faveur de la violente crise post-électorale ayant secoué son pays en 2010-2011.

Depuis lors, le Nappy-boy, qui dit "ne pas vraiment se préoccuper du regard" d’autrui, vit sa différence sereinement. "J’essaie de passer outre et d’être moi-même."

Source : AFP

"Voici les dangers qui menacent vos cheveux"

Mme Ze BI Kassy Fleur est promotrice de ''Feymie's hair care Center'', un centre capillaire, spécialisé dans la santé des cheveux. Dans cet entretien, elle révèle tous les secrets sur l'entretien des cheveux et les risques qui en découlent.

Mme Ze Bi, un an après l'ouverture du centre ''feymie's hair care'' à Abidjan, quel état des lieux faites vous?

Nous avons acquis beaucoup d'expériences. Nous avons un site Web ouvert en décembre 2012 avec plus de 1500 visites. Ce qui n’est pas donné pour ce domaine d’activité en Afrique. depuis août 2013, nous avons aussi une page et un réseau facebook avec plus de 500 membres. Pour coordonner tout cela, une web master administre et anime le site et la page en permanence. Elle fait de la veille. Notre Webmaster, Mlle Coulibaly sanata nous a développé une base de données qui nous permet de suivre nos clients avec toutes les informations nécessaires. De leurs noms et adresses jusqu’à l’évolution de leur santé capillaire en passant par les raisons pour lesquelles elles ont décidé de prendre soin de leurs cheveux et de les traiter chez nous. Exactement comme un suivi médical avec dossier de santé capillaire informatisé. Nous travaillons en collaboration avec un dermatologue. Nous avons acquis de nouveaux matériels (casques, sèche-cheveux etc.) sans compter le confort de nos locaux auquel nous veillons constamment. Le 11 février dernier, toute l’équipe du Centre capillaire a eu un atelier au cours duquel nous avons fait le point sur l’évolution de nos activités. A savoir ce qui a été bien et ce qui a été moins bien, en vue de mieux satisfaire notre clientèle. Une clientèle délicate, constituée à 80% de dames faisant partie de la catégorie socioprofessionnelle des cadres, exerçant des professions libérales ou des femmes d’affaires.

Pouvez-vous rappeler la spécialité de ce centre?

Nous sommes spécialisés en divers domaines dont le Conseil, l'éducation, la sensibilisation, la prévention, les soins et traitements, la réparation, etc. Chez Feymie’s nous coachons et accompagnons chaque personne dans son choix. Vous souhaitez garder vos cheveux naturels? Vous souhaitez continuer de vous défriser? Nous priorisons la santé du système capillaire, un élément important de la beauté dans la durabilité. Tous les actes posés qui peuvent entraîner la dégradation du système capillaire sont bannis. Par exemple, nous ne posons pas de tissage ni avec couture ni à la colle. Après les soins que nous administrons, les coiffures exécutées sont faites de telle sorte qu'on ne sent pas de douleur pendant et après des tresses. Il n’y a pas de chute de cheveux non plus lorsque les tresses sont défaites. Ce sont des protocoles mis en place pour chaque acte et tout le personnel doit s’y conformer. Tout est donc pensé pour éviter de casser les cheveux inutilement. Nous nous attelons à maintenir l'équilibre du cuir chevelu pour que les cheveux qui poussent soient saints et forts. La plupart du temps, nous jouons un rôle de pompier en réparant les dégâts causés au cuir chevelu de nos nouvelles clientes. Dans les cas compliqués, nous faisons appel au dermato.

Quelle est la différence entre un centre capillaire et les salons de coiffure?

Nous sommes un centre capillaire. Nous privilégions, d’abord et avant tout, la santé des cheveux et du système capillaire, puis viennent l’esthétique, la beauté etc. C’est pourquoi, fort de l’éthique que nous nous sommes donnée dans ce métier, nous ne défrisons pas les enfants, nous ne leur mettons pas de mèches ni de perles, tout ce qui peut agresser leur sensible système capillaire. Il faut préserver cette population des effets pervers du défrisage, des mèches etc. nous accompagnons les

femmes en transition. Une dame qui à des repousses d'un mois à peine et qui arrive dans un salon de coiffure classique se verra proposer de se faire défriser ou d'avoir une coiffure avec des mèches parce que la coiffeuse du salon ne sait pas quoi faire avec la quantité de repousse. Nous espaçons les défrisages de 4 mois chez Feymie’s et ne savons embellir qu'avec les cheveux. Celles qui ont des cheveux naturels trouvent rarement une solution à leurs problèmes dans les salons de coiffure classiques. Les coiffeuses leur proposeront de se faire des rajouts de mèches ou simplement de se défriser les cheveux. Là où nous les prenons en main entièrement. Une dame qui à des pellicules, des démangeaisons sur le cuir chevelu ne trouvera pas de traitements adaptés à son problème dans les salons de coiffure classiques. Son problème peut s'en trouver aggravé. Une personne qui présente des signes d'alopécies de traction sera encouragée dans son choix de se faire encore et encore des tresses et mèches serrées qui, en fait, sont les causes de cette alopécie dans un salon classique. Au centre capillaire, ayant pour priorité la santé des cheveux et du cuir chevelu, nous procédons par des questions/diagnostics qui sont consignées dans les fichiers client afin de les suivre.

Avez-vous un type de clients qui sollicitent vos prestations?

En principe, nous recevons toutes les populations en général, puisque, comme dans le domaine de la santé, nous faisons de la prévention, administrons des soins et des traitements, faisons de la réparation, du suivi, etc. de façon empirique nous recevons les types de clientes qui tiennent à la santé de leurs cheveux et en font une priorité à long terme, ceux qui veulent réparer ou rattraper certains dommages ou ceux qui veulent faire de la prévention. Au niveau des hommes, ce sont ceux qui viennent essentiellement faire des soins et traitements parce qu’ils ont décidé de garder leurs cheveux (Afro ou dread locks).

En tant que spécialiste des questions capillaires, quelles sont les pathologies liées aux cheveux qui méritent qu'on y prête attention?

Les gens ne prêtent pas à attention aux problèmes de pellicules alors que leur présence sur le cuir chevelu signale un dérèglement du cycle normal du renouvellement du cheveu. Il faut aussi prendre garde aux alopécies de cicatrisation qui surviennent chez nous, les Africaines, à cause des abus et des mauvaises applications des défrisages et/ou décolorations. Les alopécies de tractions sont fréquentes chez nous à cause de l'abus des tresses et tissages serrées qui ne cessent d'agresser le cuir chevelu alors que nous avons un système capillaire des plus fragiles de tous les peuples au monde.

Les effets de mode ont-ils des impacts sur les cheveux ?

La mode est certes bien, mais elle est et demeurera un phénomène passager. A partir de cette réalité il est sage d’avoir toujours une approche posée de la mode et penser à l'après mode. Si en évaluant les effets futurs nous estimons pouvoir garder notre santé intacte alors, il n’y a pas de raison de ne pas se faire le plaisir de suivre cette mode. Dans le cas contraire mieux vaut s’abstenir de la suivre. La plupart des teintures et des défrisants vendus et utilisés sont des produits à base de compositions chimiques. Ils sont nocifs de par leur nature pour la santé des cheveux et du cuir chevelu. La preuve, les coiffeuses protègent toujours leurs mains avec des gants lorsqu’elles défrisent. Pour celles qui y tiennent toujours, il faut le faire avec beaucoup de précaution. La première, c'est d’espacer les défrisages. Nous conseillons tout au plus 3 défrisages par an pour limiter les effets pervers. Pendant ce temps que nous appelons ''stretching'', il est nécessaire de soigner les cheveux et le cuir chevelu pour que les longueurs déjà défrisées reconstruites ne se cassent pas et que les nouvelles pousses soient maintenues bien hydratées pour une cohabitation parfaite des deux textures. Il est bon de savoir que certains types de cheveux supporteront moins bien le défrisage que d'autres. Ensuite, il faut faire un soin particulier une semaine avant chaque défrisage pour permettre aux cheveux de bien supporter cette agression chimique. La 3eme précaution est de bien respecter la posologie du produit utilisé et le temps de pose. La 4ème précaution, c’est qu’il ne faut défriser que les nouvelles repousses. Il ne faut jamais défriser des cheveux déjà défrisés. Quant aux teintures, il ne faut utiliser que celles à base de produits naturels.

Quels conseils donnez vous à vos clients qui subissent la pression sociale?

Il faut assumer ses choix. Dans le cadre du travail, c’est un peu moins facile car il faut gagner son pain. Mais, c’est faisable. C’est le lieu de faire appel à la bonne compréhension des employeurs. Leur demander d’accepter au moins leurs employées qui s’acceptent. Sur ce sujet, je salue l'initiative du groupe les ''nappy de babi'' sur facebook. Ce groupe de plus de 2.500 membres, administré par Mariam diaby, mène assez bien ce combat d’acceptation de soi à leur façon en partageant leurs expériences sur facebook. vous voyez, 9 femmes sur 10 portent des mèches, des perruques, etc. C’est du camouflage. Quand ces 9 femmes, à la maison, ôtent ce camouflage, ce n’est plus les mêmes apparences,la même beauté, la même personne. C’est la dure réalité.

Est-ce que le fait de garder les cheveux naturels crépus bien entretenus, empêche d’être efficace dans son domaine d’activité ?

Non je ne le pense pas! rien qu’à voir les femmes de l’Afrique australe qui évoluent dans de hautes sphères de leur société et même à l’international, je ne le crois pas.

Quels conseils pour des cheveux sains ?

Pour avoir des cheveux sains, il faut avoir ce qu'on nomme dans notre jargon une bonne routine capillaire qui allie l’utilisation de produits corrects adaptés au type de cheveux que la nature nous a donné et la manipulation correcte requise. Il faut faire hebdomadairement des soins avant et après shampoings, appliquer des crèmes hydratantes et des huiles végétales de scellage, dormir avec un foulard de soie de façon quotidienne, éviter les mauvaises manipulations telles que les tresses serrées avec ou sans mèche, car cela occasionne les casses et les chutes précoces des cheveux, éviter la présence d'éléments nuisibles au cuir chevelu tel que la colle, espacer l'application des produits défrisants et des tresses avec les mèches, faire des tresses qui sont très lâches à la base avec les cheveux uniquement.

Y a-t-il un secret pour avoir des cheveux longs sans subir des agressions?

Les cheveux poussent, il faut les entretenir sans chercher à ressembler à x ou Y. Chacun à son patrimoine, son héritage qui lui est propre. Il faut s'accepter. En le faisant, on évite de s'agresser; on se préserve. On à les gestes qu'il faut, et les cheveux nous le rendent forcément.

Quels sont vos projets

Nous en avons beaucoup. Le plus imminent est la tenue d’un workshop feutré d’environ 2 heures avec du beau monde. nous communiquerons là-dessus dans les semaines à venir.

Source : l'inter

Stop pellicules !

C'est très gênant et ça démange, pour des cheveux pleins de santé, propre et sans pellicule, voici quelques astuces simple et facile à faire.

Le sel fin

Appliquez sur les cheveux mouilles le sel fin, massez pour atteindre le cuir chevelure, laisser reposer quelque minute, rincez et faites votre shampoing.

Le yaourt nature

Lavez les cheveux normalement, puis de verser sur le cuir chevelu du yaourt nature (un pot entier ou la moitié selon la longueur et la quantité des cheveux). Massez ensuite doucement avec le bout de vos doigts et laissez agir pendant environ 20 minutes. Rincez, et réitérer ce traitement au moins 3 fois par semaine au début, puis 1 ou 2 fois.

L’aspirine

Faites dissoudre 100 mg d’aspirine dans ½ verre d’eau, et appliquez une fois par semaine sur cheveux mouillés (après votre shampoing) en massant. Laissez ensuite sécher vos cheveux sans rincer

Rincez ses cheveux à l'eau froide

En rinçant ainsi vos cheveux à l'eau froide, vous resserrerez les pores de votre peau. Car n'oubliez pas, les problèmes de pellicules sont souvent le résultat d'un cuir chevelu trop gras.

L'eau salée de la mer

Et oui, l'eau salée procure une bonne action sur les pellicules. Alors si vous allez à la mer, profitez-en pour vous baigner le plus possible. Une dizaine de jours de baignade fera un très grand bien à vos cheveux et éliminera une grande partie des pellicules.

Mam Dieng

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