Violences faites aux femmes : des réserves sur le numéro vert en perspectives au Congo

Afin d’aider les femmes à dénoncer de multiples violences en dehors ou au sein des foyers, les autorités congolaises ont lancé hier un numéro vert. Reste à présent le défi de l’appropriation de l’outil par les Congolaises.

 

On pourrait l’appeler « numéro du salut ». Désormais, les femmes victimes de violences de toutes sortes devront former le 1444 pour dénoncer tout auteur de violences physiques ou morales sur une femme.

En signant un accord avec des opérateurs de téléphonie mobiles, le ministère des télécommunications et l’agence de régulation des postes et communications électroniques (ARPCE), le ministère congolais de la promotion de la femme entend accélérer la lutte contre les violences faites aux femmes. « Ce numéro vert permettra aux victimes de dénoncer les auteurs, car le silence est souvent coupable. Ce numéro vert devra également permettre aux Congolais de prendre conscience que les violences, quelles qu’elles soient, sont un crime », a déclaré Inès Nefer Bertille Ingani, ministre de la Promotion de la femme et de l’Intégration de la femme au développement lors de la cérémonie de signature du protocole d’accord.

Mais bien que la gratuité de ce numéro soit imposée à tous les opérateurs, au Congo, les violences sur la femme se nourrissent aussi d’environnement socioculturel où la phallocratie semble être la règle. Conséquence, les coupables ne faiblissent pas tant ils jouissent aussi d’une sorte d’impunité aggravée par la résignation des victimes elles-mêmes.

Pour les ONG, il serait judicieux de procéder d’abord par une forte campagne de sensibilisation des « bourreaux » et des « victimes » avant la mise en place de ce numéro vert. « Si on met en service le numéro vert sans au préalable sensibiliser les gens surtout les hommes mariés, il y aura de graves conséquences comme le divorce. Sans oublier les représailles à l’endroit des témoins qui oseront appeler le 1444. Donc, il faut qu’on sensibilise d’abord l’opinion sur les lois en viguer en matière des violences », suggère Georges Nguila, chef d’antenne de l’Observatoire congolais des droits de l’homme (OCDH).

Or, « il s’agit d’une première étape de la lutte pour l’éradication des violences faites aux femmes », explique Inès Nefer Ignani.

 

Source : Autre presse

 

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