Patricia Nzolantima : « Les femmes africaines réussiront là où les hommes ont échoué ! »

Fondatrice de plusieurs entreprises, dont le magazine International Working Ladies et l’outil de microcrédit Femmes d’avenir, Patricia Nzolantima, 40 ans à peine, est aussi une personnalité cumulant les distinctions : Young African Leader en 2012 et lauréate de l’Institut Choiseul en 2016, elle représente depuis 2013 son pays, la RD Congo, aux sommets du G20. Féministe active, elle a aussi créé The Business Development Center, un incubateur réservé aux entreprises dirigées par des femmes. C’est donc une personnalité très représentative qui participera au sommet de Women in Africa de Marrakech (WIA, 27-28 septembre), et qui nous livre ici les clés de son engagement et de ses projets, dont la création d’un fonds d’investissement pour les femmes.

Les 27 et 28 septembre à Marrakech, vous participerez au IIe Sommet mondial de Women in Africa (WIA). Quel est votre message sur la question de « la confiance en l’Afrique et confiance dans les femmes africaines », qui fait l’objet de deux conférences plénières ?

Je me définis comme un pur produit africain. Je suis née, j’ai vécu et étudié en Afrique. Ce que je suis, je le dois à l’Afrique. Je paraphraserai le message du Roi du Maroc : « Je porte au cœur une fierté toujours plus forte d’être Africaine. Je me sens aussi fortement attaché(e) à ce continent. »

Dans la lettre que Patrice Emery Lumumba avait adressée à sa femme, il avait écrit : « L’Afrique écrira sa propre histoire et elle sera, au nord et au sud du Sahara, une histoire de gloire et de dignité. » Je suis convaincue que l’avenir de l’Afrique s’écrira désormais au féminin. Les femmes africaines ont décidé de réécrire une nouvelle histoire de l’Afrique. Une histoire de gloire et de dignité.

J’exhorte les femmes africaines à croire davantage à ce Continent. Se donner les moyens d’appartenir à un réseau des femmes fortes afin de transformer notre continent en eldorado ! Les femmes africaines réussiront là où les hommes ont échoué ; et elles construiront des ponts vers le futur afin de participer à l’épanouissement du continent.

Je crois en ce continent au plus profond de moi ; j’aime ce qu’il m’a apporté. Nous sommes prêtes à lui rendre ce qu’il nous a donné.

L’éducation est l’autre grand thème traité en conférence plénière. Qu’auriez-vous à dire sur ce sujet ?

L’éducation joue un rôle crucial dans le développement économique. Elle est la base de l’évolution de l’Afrique. Sans l’éducation, il serait difficile de parler de l’autonomisation de la femme africaine. Le développement de l’Afrique ne peut se réaliser si 50 % des femmes concernées sont exclues des opportunités que le développement est à même d’offrir.

Les femmes africaines représentent 52 % de la population du Continent mais une grande partie de ces femmes n’ont malheureusement pas un accès égal aux opportunités économiques. Sans l’éducation appropriée, aucun tabou social et aucune discrimination contre les femmes/filles ne pourraient être éradiqués.

Il est sans conteste que l’atteinte des Objectifs pour le Développement Durable passe inévitablement par une autonomisation de la femme et la scolarisation de la fille, vecteurs d’un équilibre économique et social. Si la femme est dotée de ressources nécessaires, elle est prête à améliorer la qualité de sa vie et celle de ses enfants. 

Nous le savons, l’éducation joue un rôle clé dans les progrès pour atteindre l’égalité des sexes. Elle permet d’émanciper les filles, de leur apporter les compétences et connaissances nécessaires pour être en capacité de prendre des décisions quant à leur vie, sécuriser un emploi mieux rémunéré et être actives dans le développement de leur communauté.

L’investissement dans l’éducation des filles permet une meilleure rémunération pour un individu. Elle est donc un droit humain fondamental et une exigence pour le développement harmonieux de notre Continent.

L’implication des femmes dans l’éducation des filles contribuera au changement de la société Africaine.

Plusieurs ateliers sont proposés en plus des plénières : Lab programme, Masterclass programme, Meet with… Au(x)quel(s) pensez-vous participer, et pourquoi ?

Je participerai au Masterclass programme et au Lab programme. Avec l’ouverture de notre hub, il est important de savoir ce qui se fait ailleurs. Le monde bouge, nous passons à la digitalisation ; il faut s’améliorer et se cultiver.

Êtes-vous satisfaite de l’avancée de vos activités liées à la promotion de l’Afrique, et plus particulièrement des femmes africaines ?

Personnellement, je suis très satisfaite de l’avancée de mes activités. Après avoir évolué douze ans dans l’entrepreneuriat féminin, nous venons de mettre sur pied le premier centre entrepreneurial féminin qui contribuera à l’économie de la femme congolaise.

Nous avions également mis sur pied un moyen de paiement avec des cartes Visa prépayées, afin de bancariser les femmes. Nous nous apprêtons à lancer avec mes partenaires, le fonds d’investissement pour les femmes.

Notre objectif est de permettre aux femmes congolaises d’avoir un accès facile aux financements, afin de leur permettre d’accélérer leur business. Nous ne pouvons parler de l’autonomisation de la femme sans les financements. Il est donc temps que les femmes africaines créent leur propre banque. Ce serait la seule façon d’éradiquer la pauvreté ainsi de créer une nouvelle classe moyenne émergente. Notre bilan est positif ; mais nous espérons davantage apporter de l’aide auprès de ces femmes privées des financements !

Êtes-vous disposée à vous engager plus avant comment pour le rayonnement de Women in Africa (WIA) ?

En tant qu’ambassadrice de WIA en RD Congo, je compte utiliser notre nouveau centre pour faire rayonner l’image de WIA. Les femmes congolaises ont besoin des réseaux forts avec une visibilité africaine, et internationale.

En tant que femme entrepreneur, le réseau WIA a été un pilier dans ma vision d’actrice du changement. Il est de plus en plus important de se constituer un réseau fort, qui apporte une valeur ajoutée dans notre façon de faire les affaires. Il est important d’en faire bénéficier aux autres femmes qui ne savent comment accéder à un tel réseau.

En conjuguant nos efforts avec les autres femmes africaines, au sein du réseau WIA, nous sommes à même de viser des objectifs qui auraient été hors de notre portée si nous avions agi tout seul(e)s.

 

 

Source : africapresse.paris

 

 

Danièle Sassou N’guesso, celle qui est née à Dakar et qui voulait changer la situation des femmes en Afrique

Danièle Sassou N’guesso, celle qui est née à Dakar et qui voulait changer la situation des femmes en Afrique « En tant que femmes, nous devons nous lever pour nous-mêmes. En tant que femmes, nous devons nous lever pour les unes et les autres. En tant que femmes, nous devons nous lever pour la justice pour tous ». Michelle Obama. Cette citation illustre si bien le combat de Danièle Sassou N’guesso notre femme à suivre de la semaine. Entrepreneure sociale, présidente fondatrice de l’association Sounga, secrétaire générale du mouvement des Femmes Actives du Congo, présidente de l’association le Petit Samaritain, Danièle milite activement pour les droits des femmes en Afrique, mais surtout au Congo où elle est domiciliée. Découvrez la femme engagée qu’elle est dans cette interview exclusive.

Qui est Danièle Sassou N’guesso ?

Danièle Sassou Nguesso est une femme noire, africaine, mais que le parcours a fait évoluer vers une femme universelle, qui a pour vocation d’incarner la liberté et l’égalité comme un droit fondamental pour tout être humain, mais notamment pour les femmes qui restent encore très discriminées en Afrique. Née à Dakar en 1976, d’un père médecin et d’une mère pharmacienne, j’ai passé mon enfance entre le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, avant de m’envoler pour la France pour y poursuivre mes études secondaires. Après l’obtention de mon baccalauréat scientifique à 17 ans, j’intègre l’École Supérieure des Opticiens de Paris, d’où je suis sortie diplômée en optique. Après plusieurs années d’expérience professionnelle à Paris, je prends la décision de rentrer en Afrique, au Gabon, mon pays d’origine, pour impulser la création d’un groupe paramédical « Optical », fort aujourd’hui d’une présence dans 5 métropoles africaines. Ce retour en Afrique a cependant attisé en moi, une préoccupation grandissante quant à la situation des femmes. En effet, beaucoup d’entre elles sont confrontées à des situations dramatiques au sein même de leurs cellules familiales : abandon, maltraitance, dépendance sociale et financière à l’égard de leur époux ou de leur famille. J’ai donc pris l’initiative de créer la Fondation SOUNGA en 2015, afin de les aider à comprendre la meilleure manière de s’affirmer, en parvenant à une autonomisation. Je dirais donc que même si rien ne la prédestinait à se dévouer à la reconnaissance des droits des femmes et à leur réinsertion, Danièle est aujourd’hui une femme qui aspire à une société participative et dont le développement passe par une reconnaissance des femmes, mais également à leur accompagnement, afin de répondre à des besoins concrets. Danièle est une femme qui se réinvente au quotidien, en quête constante d’innovation, de solutions, afin de surmonter l’adversité et imaginer en permanence le futur des femmes africaines, afin d’éviter qu’un pan de la nation africaine ne s’écroule. Danièle est une femme qui aspire à réveiller les consciences et inciter les africaines à prendre leur destin en main, à s’assumer et devenir autonomes dans une Afrique en mutation, à laquelle elles contribuent tant. « L’autonomie et la maturité que j’ai pu acquérir, a été forgée par des expériences auxquelles j’ai été confrontées non seulement en Afrique, mais également en Europe. En effet, les espoirs que j’avais placé dans les études, telle une promesse de libération et d’égalité, se sont effondrés tel un château de cartes à l’épreuve de la réalité. »

Avant de vous établir au Congo vous avez été une véritable globe-trotteuse, en Afrique de l’Ouest mais aussi en Europe. Est-ce cette ouverture au voyage qui vous fait défendre les conditions de toutes les femmes ?

ll est vrai que mon parcours académique et professionnel m’a amenée à vivre et évoluer dans différents pays africains, mais également en Europe. Ces expériences vécues loin de mon pays d’origine, le Gabon, m’ont en effet permis de découvrir de nouvelles cultures, d’aller à la rencontre de personnes issues d’horizons divers et donc naturellement de nourrir une façon différente de penser, probablement moins ethnocentrée, mais résolument tournée et ouverte sur le monde. Ces expériences m’ont également fait prendre conscience de certains privilèges que je pouvais avoir, mais également de certaines réalités auxquelles je serai confrontée durant toute ma vie, pour le simple fait d’être une femme. Si ces voyages m’ont permis de m’enrichir intellectuellement, ils m’ont également ouvert les yeux sur des réalités, des inégalités, que je ne pouvais soupçonner, mais que je me refuse d’ignorer en silence. Un célèbre adage rappelle que : « l’on peut voyager non pour fuir, chose impossible, mais pour se trouver »,et il n’y a, à mon sens, rien de plus vrai ! L’autonomie et la maturité que j’ai pu acquérir, a été forgée par des expériences auxquelles j’ai été confrontées non seulement en Afrique, mais également en Europe. En effet, les espoirs que j’avais placé dans les études, tels une promesse de libération et d’égalité, se sont effondrés tel un château de cartes, à l’épreuve de la réalité. J’ai en effet dû me faire à l’idée qu’en dépit de qualifications ou de diplômes, la culture patriarcale qui régit l’environnement professionnel, se plaît à vous accorder autant de considération qu’à un vase de porcelaine, pour le simple fait d’être une femme. Je dirais donc en effet que ce parcours international, m’a rendue plus réceptive aux différences culturelles, mais surtout plus critique aux discriminations infondées et réitérées à l’encontre de toutes les femmes quel que soit leur statut, leur religion, leur origine ou encore leur qualification. Mon expérience personnelle m’a permis de dresser un constat tristement unanime : les femmes sont trop souvent reléguées à un rôle subalterne, une réalité d’autant plus violente pour les femmes éduquées, qui croient en une méritocratie qui s’avère illusoire dans la pratique de leurs fonctions professionnelles où elles doivent subir les affres du harcèlement sexuel, des inégalités de salaire ou encore souffrir en silence face à une promotion injustifiée de collègues masculins pourtant moins compétents. Rien, absolument rien, ne peut justifier l’octroi de davantage de droits à un homme qu’à une femme ! C’est certainement cette injustice trop souvent réitérée, dont j’ai été victime et témoin qui m’a en effet amenée à centrer toute mon énergie, mon dévouement et mon travail pour dénoncer ces discriminations dans le but d’améliorer les conditions de toutes les femmes !

Pouvez-vous nous parler plus précisément de la Fondation Sounga ? Comment est-elle née, quels sont ses objectifs, comment est-elle financée ? Comptez-vous étendre la fondation au sein de l’Afrique centrale ?

La Fondation SOUNGA, qui signifie « aide » en lingala, est le fruit d’une réflexion mûrie, mais également d’une fervente volonté, qui tente de faire montre au quotidien que le développement d’un pays, ne se fera qu’au travers de la reconnaissance du rôle de la femme. C’est une organisation à but non lucratif, dont la vocation première est de réduire les inégalités du genre en République du Congo, grâce à la mise en place de projets concrets et réalisables, qui accompagnent les femmes vers l’autonomisation. Nombreuses sont les associations existantes qui viennent déjà en aide aux femmes pour lutter contre l’exclusion, les violences, ou encore l’isolement au travers d’un travail remarquable, auquel nous ne souhaitons nullement nous substituer, mais mutualiser grâce à une vision complémentaire et une culture du lobbying, que nous cultivons chaque jour, afin d’interpeller les pouvoirs publics au travers de campagnes de communication percutantes et de projets fédérateurs. Nous avons aujourd’hui une taille qui reste encore modeste, la majorité des financements provenant des cotisations de nos membres ou de partenaires du secteur privé et public, sensibles à la cause que nous défendons. Notre ambition est en revanche très grande et nous souhaitons nous donner les moyens d’agir en sollicitant les organisations internationales à contribuer aux projets que nous déployons. L’incubateur « Sounga Nga », que le succès a érigé au rang de pépinière de talents de femmes congolaises, nous amène à préparer une troisième édition plus ambitieuse, voire de sérieusement envisager son déploiement à l’étranger, en réponse à des sollicitations de partenariat émanant d’autres organisations qui souhaitent adopter ce modèle dans leur pays. Nous sommes en l’occurrence en discussion avancée avec une organisation au Burkina Faso, afin de voir dans quelle mesure nous pourrions collaborer. D’autre part, la présentation du Label Genre SOUNGA, lors de la 9ème conférence annuelle des femmes du Parlement Panafricain à Sharm El Sheikh en Egypte, a tenu toutes ses promesses. En effet, le Label Genre Sounga qui vise, grâce à un système de notation innovant, à accroître la représentativité et la bonne gouvernance à l’endroit des femmes dans les structures du privé et du public, a été inscrit un dans la feuille de route des femmes parlementaires d’Afrique, afin qu’elles le déploient dans leurs pays respectifs. Ces reconnaissances représentent une immense fierté, érigeant la Fondation SOUNGA au rang d’organisation innovante au service des femmes, congolaises, mais également de toutes celles qui s’y reconnaissent et auxquelles nous pouvons répondre. Je dirais que cela nous conduit donc naturellement à déployer nos actions au niveau international, pour y mettre en pratique notre savoir-faire, mais surtout d’y recueillir les meilleures pratiques, afin d’être en adéquation avec les évolutions sociales. En tant que fondatrice et dirigeante de la Fondation SOUNGA, j’ai pris conscience qu’avant de tenter de dépasser ses problématiques économiques en se connectant au reste du monde, l’Afrique doit être totalement connectée à ses femmes. Je serais donc très fière et honorée d’apporter l’humble contribution de SOUNGA à l’avènement de notre continent. Si la forme reste à définir, nous restons néanmoins enthousiastes et enclins à développer tout partenariat susceptible de répondre de manière durable aux attentes des africaines !

Quelles sont les discriminations subies par les femmes au Congo ?

Les discriminations à l’encontre des femmes en République du Congo, sont très répandues et sont pratiquées tant dans la sphère publique que privée. De manière générale, la violence à l’encontre des femmes a atteint un niveau inquiétant, de nombreuses filles subissant encore des grossesses non désirées, des violences physiques et psychologiques impunies, en réponse à la pression sociale qui les stigmatise. En dépit de certains progrès effectués par l’Etat dans la réduction de l’écart entre filles et garçons dans l’enseignement primaire et l’adoption de nouvelles lois visant à lutter contre les discriminations et les pratiques culturelles néfastes, les engagements sont insuffisants au quotidien pour amorcer un changement des mentalités et donc de la situation. En effet, même en étant éduquée, la femme congolaise subit des discriminations dans toutes les sphères de l’espace public où elles sont systématiquement assujetties à des fonctions subalternes, même si elles peuvent se targuer de compétences au moins équivalentes à celles de leurs collègues masculins. A cela s’ajoute une pression sociale constante qui se traduit par du harcèlement sexuel tant sur le lieu de travail que dans la sphère publique, se manifestant très souvent par des violences physiques, psychologiques ou économiques qui restent totalement impunies pour la plupart. Cette oppression ne connaît pas d’accalmie au sein de la cellule familiale, qui conditionne dès le plus jeune âge à normaliser une dichotomie entre filles et garçons, qui ne leur laisse la place à aucun assentiment ou consentement. Jeunes, elle se voient ainsi déscolarisées au détriment du garçon, cédées en mariage au nom d’une dot éphémère, reléguées au rang de reproductrices, soumises à la polygamie, lorsqu’elles ne sont pas dans leur veuvage, spoliées de tout bien ou de droit de veuvage. Chaque moment de la vie de la femme congolaise est ainsi régi par un traitement inégalitaire et discriminant, des souffrances perpétuelles qu’elle a appris à taire au nom de la bienséance dictée par les traditions du patriarcat. Je ne perds cependant pas espoir et nourris plutôt mon engagement de ce constat. Je tiens néanmoins à rappeler qu’en 1995, lors de la conférence mondiale sur les femmes, la délégation du Rwanda qui y a participé, seulement un an après la fin du génocide, représentait alors un pays qui comptait parmi les pires en termes de violence faites aux femmes. Aujourd’hui, avec 64% de députés, le Rwanda est en avance sur de nombreux pays et s’érige comme une référence mondiale…ce seul exemple suffit à faire grandir chaque jour mon espoir et mon engagement pour en faire une réalité au Congo !

Quelles sont les plus grandes actions de la fondation à ce jour ?

Nos actions se déclinent en quatre projets majeurs à savoir l’incubateur féminin Sounga Nga, le Focus group Sounga, le Label Genre Sounga et les actions de lobbying. L’incubateur Sounga Nga a deux particularités. Les femmes qui y sont reçues après une sélection rigoureuse acquièrent une formation à l’entreprenariat et un crédit d’amorçage pour développer leur affaire. Le Focus group Sounga est un projet annuel qui permet de collecter des données utiles pour comprendre la condition de la femme congolaise. Le Label Genre Sounga est un classement qui note les entreprises selon le degré d’insertion professionnelle qu’elles accordent aux femmes. Nos actions de lobbying consistent pour l’essentiel en des rencontres avec des décideurs publics auxquels nous faisons parvenir des notes, des argumentaires concernant les femmes dans notre pays, mais surtout d’attirer leur attention, afin qu’ils puissent intervenir à leur niveau pour la mise en place de mesure concrètes. =Vos projets pour les années à venir ? Dans l’avenir, nous envisageons de préserver les acquis c’est-à-dire les quatre projets mentionnés ci-dessus. Parmi ces projets, il est notamment envisagé au Congo le déploiement proprement dit du Label Genre Sounga qui est encore dans sa phase de conception. Au niveau international, nous envisageons de faire de la Fondation Sounga un interlocuteur africain majeur en ce qui concerne la question du genre en adhérant aux différents réseaux dédiés à la société civile des grandes institutions internationales.

Comment voyez-vous la femme africaine aujourd’hui et comment aimeriez-vous la voir ?

La femme africaine est dotée d’incroyables talents, capable de redoubler d’imagination et de dynamisme, afin de trouver des alternatives pérennes pour évoluer au sein d’une société qui lui est défavorable. Si l’on devait personnifier l’espoir, il serait selon moi incarné par la femme africaine. Elle représente en effet l’espérance de tout un continent, mais également sa plus grande opportunité de développement, comptant pour pas moins de 70% de la force agricole, détiennent un tiers des entreprises (27% des entrepreneurs) et s’impliquant davantage en politique, comptant pour 23% des parlementaires et 18% des ministres selon UNWomen . En observant ces chiffres, nul ne peut douter que l’avènement de l’Afrique passe par l’émancipation de la femme et par la levée des barrières qui entravent encore son leadership. Cela permettra à la femme africaine d’être autonome dans toutes les sphères de la société et donc de contribuer pleinement à l’essor de l’Afrique. Il est temps de briser le mur du silence et de donner à la femme tout le rôle qui lui sied, pour construire le leadership de l’Afrique dans un monde en pleine mutation. Les femmes doivent également être davantage unies, pour s’ériger en modèle et pousser d’autres femmes à agir, oser dans l’évolution des modes d’éducation. Nous devons en tant que femmes africaines, afficher fièrement nos ambitions, imposer le débat sur le genre avec fermeté, pour faire bouger les lignes et les mentalités. Il convient également aux pays africains de libérer ce potentiel de croissance en identifiant les solutions appropriées pour combler les disparités hommes-femmes.

Quelle serait la femme modèle par son histoire, son leadership, sa carrière que vous aimeriez que chaque femme connaisse ?

Les exemples sont nombreux mais à brûle-pourpoint, Rosa Parks s’impose naturellement par sa détermination, son abnégation et sa non-violence comme une militante hors pair à mes yeux. Son acte de militantisme et de bravoure a donné naissance à un mouvement sans précédent en faveur des droits civiques aux Etats-Unis, mettant fin à la ségrégation. L’immensité du monde nous rappelle tous les jours que nous en sommes une infime partie, mais ce geste anodin, qui aurait pu passer inaperçu a amorcé un changement profond, au sein de ce qui est considéré aujourd’hui comme l’une des plus grandes démocraties du monde. Rosa Parks représente pour moi cette volonté qui repose en chacun d’entre nous et qui peut par le pouvoir de la conviction, avoir un impact pour le bénéfice de tous…nous sommes tous Rosa Parks ! L’une des autres figures emblématiques de la lutte pour le droit des femmes reste Simone Veil qui a permis aux femmes françaises de bénéficier du droit à disposer de leurs corps. Si ces deux parcours, personnalités et vies sont profondément différentes elles revêtent néanmoins une ambition commune : celle de la liberté et de la justice !

« Chaque jour est une expérience unique que je n’aurai plus l’opportunité de vivre, je m’atèle donc à grandir durant chaque jour qui s’offre à moi, en apprenant des expériences de la vie.» Un leitmotiv ?

Je m’inspire d’un leitmotiv anglophone, que j’essaie de m’appliquer au quotidien : « Feed your spirit ! Believe in yourself ! » (Nourris ton esprit, crois en toi !) Chaque jour est une expérience unique que je n’aurai plus l’opportunité de vivre, je m’atèle donc à grandir durant chaque jour qui s’offre à moi, en apprenant des expériences de la vie. La curiosité et la recherche de l’amélioration sont le meilleur moyen de donner vie à ses ambitions. Je me nourris donc chaque jour de l’apprentissage de la vie, de ses échecs pour mieux en apprécier les succès, me permettant ainsi de garder le discernement nécessaire pour avancer sereinement.

 

Source: dakar92.com

Afrique du Sud: une femme aux commandes du puissant syndicat Cosatu

Pour la première fois depuis sa création en 1985, la Cosatu élit une femme à sa tête. Son nom : Zingiswa Losi. Objectif : reconquérir des voix, notamment féminines, pour mieux accompagner la candidature de Cyril Ramaphosa à la présidentielle de 2019.

C'est un chamboulement dans la classe politique sud-africaine. La plus grande centrale syndicale du pays a élu ce mardi à sa tête une femme, Zingiswa Losi. Une grande première depuis la naissance il y a trente-trois ans du mouvement qui a contribué à la chute de l'apartheid il y a un quart de siècle.

La Cosatu, symbole et fer de lance de la mobilisation noire dans le monde du travail, a connu ces dernières années de nombreuses dissensions qui ont pesé sur l'Alliance tripartite fondée en 1990 avec l'ANC et le Parti communiste sud-africain (SACP). L'élection de Losi signe-t-elle enfin l'entrée dans une nouvelle ère pour la fédération en difficulté ?

Qui est Zingiswa Losi ?

Seule candidate, elle a été nommée lors du congrès annuel de la Confédération des syndicats sud-africains (Cosatu) qui se tient jusqu'à jeudi à Midrand, près de Johannesburg. Zingiswa Losi a été militaire de carrière pendant trois ans dans l'armée sud-africaine, avant de travailler dans une usine du constructeur automobile américain Ford dans la ville de Port Elizabeth (Sud-Est). Sa nomination sans opposition fait suite à des mois de spéculations selon lesquelles les syndicats affiliés ne soutiendraient pas le président sortant Sdumo Dlamini

En effet, Sdumo Dlamini a fait défiance lorsque l'organisation a pris la décision de prendre ses distances avec l'ancien président Jacob Zuma et a appelé à sa démission. Zingiswa Losi a fait ses premières armes de syndicaliste dans le puissant Syndicat national des travailleurs de la métallurgie (Numsa). Selon sa notice biographique publiée sur le site de la Cosatu, Zingiswa Losi s'est impliquée très jeune dans le combat politique contre le régime de l'apartheid en rejoignant les rangs du Congrès national africain (ANC) de feu Nelson Mandela.

« Je suis devenue politiquement consciente à l'âge de 10 ans lorsque mes deux frères ont été contraints à l'exil. Je ne savais pas alors que j'allais les suivre une fois plus grande », explique-t-elle dans cette présentation. En décembre dernier, elle avait échoué de peu à devenir secrétaire générale adjointe de l'ANC.

Une élection pour tourner la page de l'ère Zuma

Son élection mardi à la tête de la Cosatu, où elle occupait jusqu'à présent le poste de vice-présidente, « confirme le rôle des femmes, et celui des femmes noires en particulier, en tant que militantes politiques et réformatrices sociales », a salué le président du pays et de l'ANC Cyril Ramaphosa, invité à s'exprimer.

Lors de son allocution devant la foule, Ramaphosa s'est concentré sur les élections générales de l'année prochaine. Le président a déclaré que la course aux élections représentait un champ de bataille politique, qui ne pouvait être gagné que par l'unité, en disant : « Notre peuple est en marche révolutionnaire. Nous allons faire la guerre pour les élections générales nationales. Une armée unie est une armée qui ira à la guerre unie. »

Le discours du président a été accueilli par des acclamations assourdissantes de la part de la Cosatu. Ces dernières années, les relations entre l'alliance tripartite ont été instables. La capture d'État associée à des licenciements de services publics qui ont fait l'objet de rumeurs a conduit à de vifs débats entre la Cosatu et l'ANC.

La Cosatu, qui revendique aujourd'hui 1,6 million de membres, fut avec l'ANC et le Parti communiste d'Afrique du Sud (SACP) l'un des piliers historiques du mouvement anti-apartheid.

 

Source: lepoint.fr

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