Musique : au Nigeria, une avocate se bat pour les droits d`auteur

Nigeria, Afrique du Sud et bien d’autres pays encore : l’Afrique est à l’honneur au MIDEM de Cannes, le Marché international du disque et de l’édition musicale, qui se tient à Cannes, dans le sud de la France. Au Nigeria, le secteur est en pleine croissance, mais les droits des artistes encore peu respectés. Les avocats spécialisés dans la musique constituent donc un profil recherché.

Quand elle termine ses études de droit à Londres, Isioma Idigbe rejoint le cabinet d’avocat Punuka à Lagos. Il y a quelques mois, cette jeune juriste lance la branche spécialisée dans la culture, le divertissement et la musique. Mais aujourd’hui encore, Isioma Idigbe a l’impression de se battre avec des outils juridiques du Moyen Âge. « Nous avons des lois sur les droits d’auteur complètement dépassées ! On utilise la même loi depuis 1976 ! Les lois sur les droits d’auteur ne prennent pas en compte l’ère du digital : le streaming – l’écoute en ligne –, le piratage sur Internet... Adapter l’arsenal juridique du Nigeria, c’est le premier défi pour nous. »

Au Nigeria, quelques stars de l’afro-pop cartonnent sur Youtube, Facebook ou Instagram, mais combien de musiciens se font voler leur musique, transformée en sonnerie de téléphone portable sans qu’ils touchent un naira, la monnaie nationale ? C’est la question qui taraude la juriste Isioma Idigbe. « Nous n’avons en fait que deux grands artistes internationaux : Wizkid et Davido. Mais tellement d’autres artistes talentueux mériteraient d’être reconnus. Il faut qu’on génère des revenus localement. Mais on n’a pas encore trouvé comment monétiser le marché domestique, qui a un fort potentiel. »

Et une tendance inquiète l’avocate Isioma Idigbe: pour la première fois ces derniers mois, les revenus du streaming au Nigeria sont en baisse.

 

Source : rfi.fr

AfricaTech : ces jeunes entrepreneuses qui s`engagent

De nouvelles figures féminines émergent sur la scène africaine des startups, mise en avant à Viva Technology, fin mai. Forte de leur visibilité, ces entrepreneuses prennent à bras le corps la transformation de leur continent, en défendant des valeurs sociales et environnementales

Un entrepreneur sur 4 est une femme en Afrique. Ce chiffre du rapport 2017 du Global Entrepreneurship Monitor en fait le continent le plus dynamique en matière d’entrepreneuriat féminin. Face aux enjeux de développement, un nombre croissant de startups cherchent à concilier rentabilité et retombées sociales positives. Rencontres avec celles qui font l’Afrique de demain.

L’impact social et environnemental comme vocation

“J’ai vu une patiente mourir parce qu’on ne disposait pas de son groupe sanguin assez rapidement pour la transfuser. Le manque d’accessibilité aux informations médicales des patients a un coût humain élevé en Afrique. Pour relever ce défi de santé publique, j’ai opté pour l’entrepreneuriat”, explique Arielle Anhouansou, médecin béninoise de 25 ans qui a lancé Kea Medicals en 2017. Avec 15 employés, sa medtech développe un carnet médical digitalisé via une application, utilisée déjà par 50 000 médecins et patients.

Cette volonté d’impact social ou environnemental grâce au digital et aux nouvelles technologies anime toujours plus les jeunes startuppeurs africains. De nombreux business models se construisent à partir d’une problématique sociale, en particulier d’accessibilité à des services (soins, éducation, énergie, gestion des déchets, etc.). Sur les 560 milliards de dollars levés en 2017 par les startups africaines, près de la moitié (247 milliards) sont dédiés aux jeunes acteurs dans la santé, le service à la personne, l’éducation ou l’énergie hors-réseau.

Parmi les pépites africaines, on compte ainsi l’edtech Andela, “l’école 42” nigérienne, qui a levé 40 millions de dollars en 2017, et dans laquelle Mark Zuckerberg a investi à titre personnel 26 millions de dollars un an plus tôt. Ou encore la cleantech Wecyclers qui ramasse à vélos puis recycle les déchets de 15.000 habitants de Lagos, rémunérés par ailleurs pour leur participation à ce service. Fondée par l’entrepreneure sociale Bilikiss Adebiyi, passée par le MIT, la startup a réussi à engager des partenariats avec le gouvernement local mais aussi des grands groupes comme Unilever, Oracle et DHL.

Parmi ces figures féminines, la diaspora africaine est bien représentée. A l’instar de la franco-marocaine Rania Belkahia, nouvelle tête d’affiche de l’e-commerce africain, de plus en plus de jeunes femmes formées à l’étranger mettent à profit leurs compétences sur le continent en montant leur startup. C’est le cas de Jasmine Samantar, américano-somalienne de 25 ans qui a co-fondé Samawat Energy. Sa startup lancée en 2015 distribue des kits d’énergie solaire dans la corne de l’Afrique via le micro-crédit. “Mes études à Sciences Po, à la LSE et mon stage à l’ONU m’ont permis de connaître les enjeux liés à l’énergie durable en Afrique, dont 70% de l’électrification reste à faire. Même sans formation d’ingénieure, je contribue à rendre l’électricité accessible aux régions isolées d’Afrique”, témoigne Jasmine.

Inspirer la relève et miser sur les filles

Si leur réussite respective témoigne d’une évolution de la scène entrepreneuriale africaine, ces femmes se mobilisent pour ne pas rester des exceptions consolantes dans un univers tech très masculin comme ailleurs. “L'accès à l'éducation en général pour les jeunes filles, l'accès aux opportunités d'emploi à compétences équivalentes et l'accès au capital sont autant de barrières à l’arrivée plus massive sur la scène startup de jeunes entrepreneuses” rappelle la sénégalaise Fatoumata Ba, ancienne CEO de Jumia Côte d’Ivoire, qui a fait de l’accès aux financements une priorité. C’est dans cette perspective que cette sénégalaise de 32 ans a monté en janvier dernier son startup studio Janngo, à la fois incubateur et investisseur dans le digital.

Car la tech est une promesse d’émancipation pour les jeunes africaines. “C’est grâce à l’ordinateur de travail de mon père et par internet que j’ai eu accès à l’information, à l’orientation et à ma bourse pour étudier en France”, explique Fatoumata Ba. Au-delà de la thématique cruciale de l’alphabétisation des femmes, les startuppeuses prônent une éducation axée sur les sciences, la technologie et l’expérimentation pour donner aux jeunes filles les moyens d’innover. Et elles ne se contentent pas de recommandations. “En collaboration avec le ministère somalien des femmes, nous avons réussi à envoyer quatre de nos salariées en Inde pour qu’elles suivent un cursus d'ingénierie photovoltaïque” raconte Jasmine Samantar de Samawat Energy.

Les premières barrières à l’autonomisation des jeunes femmes sont aussi psychologiques. “Les jeunes filles doivent pouvoir s’identifier à des modèles de réussite pour éveiller des vocations. Des itinéraires comme celui d’Evelyn Tall-Daouda (ex-numéro 2 d’EcoBank) ont été très inspirants pour moi”, témoigne Fatoumata Ba.
Offrir de la visibilité aux managers et entrepreneures accomplies et inspirer les étoiles montantes grâce au mentorat, c’est l’objectif du forum annuel Women in Africa (WiA) qui se tiendra en septembre à Marrakech. Créée en 2017, le WiA vise à promouvoir les femmes africaines dans l’économie continentale mais aussi mondiale. Avec un argument ultime : une entreprise affiche 34% de rendement supérieur lorsque des femmes occupent des postes de direction, selon une étude conjointe du WiA et de Roland Berger.

 

 

Source : start.lesechos.fr

 

``Transmettre des émotions``, Victoire Eyoum, journaliste sportive

Issue d'une famille où 3 générations de femmes aiment le sport, Victoire Eyoum est toujours prête à relever de nouveaux défis et à couvrir les événements sportifs de terrain.

"Je veux transmettre des émotions à travers mon métier, car le sport revêt cette caractéristique unique de transcender et d'unir les gens du monde entier. " Victoire Eyoum s'est d'abord essayée à l'athlétisme pendant plusieurs années. La jeune journaliste a pratiqué le 1500 m, 800 mètres et la hauteur de 13 à 20 ans. "J'ai rêvé de faire les Jeux olympiques de Sydney en 2000", se souvient-elle. "Le sport de haut niveau est difficile et ce n'était pas ma voie." Dès l'âge de 18 ans, Victoire s'est concentrée sur ses études. "Depuis mes 15 ans, je savais que je voulais devenir journaliste", se rappelle-t-elle. Passionnée de sport et de voyages, elle a couvert les plus grands événements sportifs internationaux. Elle compte notamment à son actif les Jeux Olympiques de Londres, les CAN de football en Afrique du Sud, Guinée Équatoriale et au Cameroun, les Jeux Africains au Congo, les Championnats du monde de rugby en France et en Nouvelle-Zélande, les tournois du Grand Chelem de tennis à New-York, Melbourne, Paris, Londres, sans oublier sa première passion : l'athlétisme, qu'elle a elle-même pratiqué durant plusieurs années.

Le désir de transmettre des émotions

C'est en regardant un reportage sur la vie de l'athlète cubaine Ana Fidelia Quirot, spécialiste du 400 et 800 mètres, que Victoire a réellement su ce qu'elle voulait faire. Médaillée d'argent sur 800 mètres aux Championnats du monde d'athlétisme de 1991 et le bronze lors des JO d'été de Barcelone l'année suivante, l'athlète connaîtra un terrible accident domestique l'année suivante. Sérieusement blessée, Ana perd également l'enfant qu'elle portait. Revenue à la compétition quelques années plus tard, Ana Fidelia Quirot remportera une médaille d'or lors des Championnats du monde d'athlétisme 1995 à Göteborg. "Cette femme m'a transmis tant d'émotions et j'ai su ce que je voulais faire. Je voulais pouvoir raconter l'histoire de cette femme qui a gagné après avoir tout perdu. L'histoire d'une personne qui ne s'est pas laissée abattre par les évènements mais qui a réappris à marcher et à courir". En choisissant cette profession, Victoire Eyoum voulait surtout pouvoir montrer à quel point le sport apporte confiance, estime et force de caractère. "Les émotions, la psychologie et force de caractère… le sport fait ça. J'ai eu envie d'avoir un impact !". Victoire Eyoum est aujourd'hui journaliste et productrice d'un tout nouveau service sportif de la BBC.

BIO EXPRESS

Nationalité : Franco-Camerounaise
Profession : Journaliste sportive
Moments forts : 2014-2017 - rédactrice en chef de la rédaction francophone puis anglophone de VoxAfrica TV.

Carrière :

- 2005 : lancement de la chaîne française Direct 8, alors câblée, où Victoire présentait la revue de presse quotidienne du petit-déjeuner
- 2008 : l'une des pionnières de la chaîne panafricaine VoxAfrica TV, où elle évolue en tant que présentatrice et anime une quotidienne sportive
- 2011 : pigiste pour ESPN, Tennis Channel, l'International Rugby Board et bien d'autres, Victoire assure la couverture d'évènements sportifs dont la CAN de football, la Coupe du monde de rugby, les Grands Chelems de tennis, les compétitions d'athlétisme…

Un mot sur le Mondial :

"Que le meilleur gagne !"

 

Source : bbc.com

VOIR AUSSI

``Transmettre des émotions``, Victoire Eyoum, journaliste sportive
12 Jui 2018
``Transmettre des émotions``, Victoire Eyoum, journaliste sportive

Issue d'une famille où 3 générations de femmes aiment le sport, Victoire Eyoum est toujours prête [ ... ]

Lire Plus...
AfricaTech : ces jeunes entrepreneuses qui s`engagent
08 Jui 2018
AfricaTech : ces jeunes entrepreneuses qui s`engagent

De nouvelles figures féminines émergent sur la scène africaine des startups, mise en avant à Viva [ ... ]

Lire Plus...
Musique : au Nigeria, une avocate se bat pour les droits d`auteur
07 Jui 2018
Musique : au Nigeria, une avocate se bat pour les droits d`auteur

Nigeria, Afrique du Sud et bien d’autres pays encore : l’Afrique est à l’honneur au MIDEM de Cannes, [ ... ]

Lire Plus...
Hafsat Abiola prend la tête de Women In Africa (WIA) Initiative
06 Jui 2018
Hafsat Abiola prend la tête de Women In Africa (WIA) Initiative

Fraîchement élue présidente exécutive de Women in Africa, Hafsat Abiola a la lourde tâche d’assurer [ ... ]

Lire Plus...
Melissa Bime : 22 ans et directrice d`une banque de sang en ligne
01 Jui 2018
Melissa Bime : 22 ans et directrice d`une banque de sang en ligne

La jeune infirmière camerounaise vient d'être désignée prix 2018 du Cartier Women's Initiative pour [ ... ]

Lire Plus...
46,4% des entreprises ghanéennes sont détenues par des femmes
29 Mai 2018
46,4% des entreprises ghanéennes sont détenues par des femmes

Le Ghana est le pays qui a le plus de femme entrepreneurs. C’est ce que révèle la 2ème édition de [ ... ]

Lire Plus...