Danièle Sassou Nguesso : « L`absence de parité affaiblit le continent africain »

Opticienne, directrice d’un groupe d’optique-lunetterie et d’une clinique médicale à Brazzaville, Danièle Sassou Nguesso s’active aussi sur d’autres fronts d’un combat citoyen qui va de l’action caritative à la mobilisation pour l’égalité homme-femme.

Lunettes ajustées sur le bout du nez, plongée dans divers dossiers qui occupent son bureau, elle vous accueille d’un sourire chaleureux, tout en jetant un tendre regard à son dernier-né, son quatrième enfant, venu lui faire un coucou. Chef d’entreprise prospère, Danièle Sassou Nguesso a décidé de ne pas vivre sur ses lauriers, mais d’avoir aussi un engagement citoyen auquel elle consacre tous les créneaux que lui permettent ses charges professionnelles et ses obligations familiales. Après l’obtention de son baccalaureat scientifique, à 17 ans, en Bourgogne, une province française, elle choisit de s’orienter vers une activité paramédicale pour rester sur les traces de sa mère pharmacienne et de son père médecin. Ce sera l’optique. Après sa formation, la jeune opticienne travaille dans le groupe Grand Optical, à Paris, avant de retourner au Gabon, pays d’origine de ses parents. À Libreville, elle ouvre son premier magasin sous la marque Optical, et fait prospérer son activité au point d’être pré- sente dans cinq villes africaines. Parmi les plus belles réalisations figure la Clinique médicale optique de Brazzaville qui offre, notamment à toute la sous-région, des prestations chirurgicales à la pointe de la technologie dans une dizaine de spécialités, dont l’opération de la cataracte ainsi que les traitements du glaucome et de diverses pathologies oculaires.

Ses autres combats sont aussi en lien avec l’avenir de l’humanité et de son pays en particulier. Comme, par exemple, la question de la préservation des espèces ou du changement climatique, dont l’Afrique subit plus densément les effets dévastateurs. Au Gabon comme au Congo, la diversité de la faune et de la flore ravit les scientifiques et les chercheurs. Mais les populations locales et le public international ignorent que ces régions constituent le véritable poumon vert de l’Afrique centrale et qu’il convient d’en préserver les ressources. Aimant s’entourer de professionnels aguerris pour mieux réussir ses objectifs, Danièle Sassou Nguesso produit un documentaire réalisé par deux jeunes cinéastes, le Gabonais David Mboussou et le Sud-Américain d’Equateur Juan Igniaco Davila, pour valoriser le patrimoine local et faire découvrir les richesses humaines et naturelles du congo.Son flair est récompensé, puisque le film I am Congo, reçoit notamment le prix du Meilleur Documentaire étranger du Festival international du film Depth of Field Nassau, aux Bahamas. Bien que faisant preuve d’humilité, Daniel Sassou Nguesso même passion pour évoquer la fondation qu’elle a lancée en faveur de l’autonomisation des femmes, en 2015, à Brazzaville, la Fondation Sounga, qui veut dire « aide » en lingala (fondationsounga.org). C’est la C’est la  dernière-née des organisations caritatives qu’elle a initiées après Le Petit Samaritain, destiné à venir en aide aux orphelins. Pour cette toute jeune diplômée d’un master 2 en politique et management du développement, obtenu en juin 2016 à Sciences Po Paris, la reconnaissance de la valeur ajoutée des femmes est un enjeu fondamental pour les sociétés africaines.

« L’absence de parité affaiblit le continent africain », constate-t-elle. Les inégalités entre hommes et femmes ont un prix. […]Se priver des compétences des femmes freine le développement.

Devons-nous rester spectateurs de ces traditions d’un autre âge? Je ne le pense pas.

Devons-nous accepter que plus de la moitié de l’humanité soit ainsi infériorisée? Je ne le crois pas. »

Le ton est donné, mais son approche se  veut inclusive et non pas frontale, car « Ne nous faisons pas d’illusions, cette égalité se fera avec une évolution des mentalités qui prendra du temps. Mais en attendant, ne restons pas les bras croisés et offrons aux femmes les moyens et les instruments leur permettant de gagner leur propre liberté.

Et donnons-leur accès à une éducation de qualité et à des moyens financiers, afin de monter des projets économiques en vue de leur épanouissement social et de leur autonomisation. Il ne s’agit pas d’un combat contre les hommes, mais du bien-être équitable de toute la société. »

  

Source : danielesassounguesso.website

 

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