Anne-Marie N’guessan : Présidente de l`UNPSCI, voici ses projets pour les journalistes sportifs

Chef des éditions événementielles et  retransmissions à la RTI, Anne Marie N’guessan épouse Coulibaly, journaliste de sport, dirigera l’Union Nationale de la Presse Sportive de Côte d’Ivoire (UNPSCI), pendant les 3 années à venir. Avide de challenge et intrépide, Anne-Marie N’guessan est l’exemple même de la femme battante qui remue ciel et terre pour donner du plaisir aux amoureux du ballon rond.  Allons à la découverte de cette don quichotte humble au parcours on ne plus atypique qui compte laisser son nom dans le livre d’or du sport ivoirien en proie aux dissensions.

Elue par acclamation lors du 5ème congrès de l’UNPSCI du samedi 30 juin 2018, comment avez vous vécue les premiers instants de cette élection?

Parce qu’il y a de cela plus de deux ans, j’aspirais à briguer la présidence de l’Union Nationale de la Presse Sportive de Côte d’Ivoire, c’est de bon aloi que j’étais très émue. Et voilà que de l’aspiration, nous passons subitement à la concrétisation d’un rêve. Se retrouver présidente de cette union-là, que d'émotions!

Vous étiez l’unique candidate femme, la seule en lice d’ailleurs. Ne pourrait-on pas dire que les hommes vous auraient cédé la place par faveur?

Le voir ainsi serait tout de même réducteur au fait de ma candidature. L’appel à candidature était ouvert à tout le monde. Encore mieux, j’étais même absente quand l’ouverture se fit. j’ai donc fait venir ma candidature par mail. Ce qui bien évidemment voudrait dire que tous ceux qui étaient présents avaient la latitude de postuler. Mais personne ne l’a fait.

A contrario, j’aurais été sur place, on aurait alors pu admettre, peut être, la mise en place d’une quelconque machination me favorisant. Ce qui d’ailleurs est un couac à mes valeurs et principes. Mais j’étais tranquillement en vacances aux Etats-Unis d'où j’ai postulé. On me fit savoir, une semaine plus tard, que non seulement ma candidature, la seule qui avait été déposée d’ailleurs, avait été retenue, mais également que le 11 juin avait été retenu pour la délibération des candidatures. Donc ce n’est ni par favoritisme, encore moins pour ma belle tête.

Alors, pourquoi ce manque d’engouement pour la présidence de cette union?

Simplement parce que ma candidature était un secret de polichinelle. Tout le monde en avait plus au moins eu vent depuis deux ans déjà. Qui plus est, comme je le dis, je suis sur le terrain. J’ai beaucoup d’amis, beaucoup d’adhésion notamment celles de mes collègues journalistes. Et dans ce cadre déjà favorable, tout le monde avait décidé de m’apporter plus au moins son soutien.

Une femme dans le milieu des sports, alors qu’il y a plusieurs secteurs d’activités dans lesquels les femmes évoluent le mieux…Comment l’expliquez-vous?

Je crois que c’est normal. Pour moi, ce qui est vrai pour l’homme, l’est également pour la femme. Vu que nous sommes des Hommes, donc ce que font les hommes, nous aussi pouvons le faire. Pourvu que ce soit avec passion, avec amour. De ce fait, Je n’arrive pas trop à compartimenter les secteurs d’activités. Je crois que les femmes peuvent tout faire. Je me souviens, lorsque j’ai postulé à la RTI, j’ai été dirigée immédiatement vers la direction autonome des sports. C’est ainsi que tout a commencé au fait.

A présent vous tenez les rênes de l’UNPSCI. Un mot  sur vos projets, vos actions pour améliorer conséquemment les conditions de travail des journalistes sportifs?

Le chantier est vaste et les défis nombreux. Nous allons, dans un premier temps, axer notre objectif sur la redynamisation de notre union. Il faut revoler l’union, faire sa promotion en disant à tout le monde que l’union est à nouveau sur pieds pour relancer ses activités. Parce que vous n’êtes pas sans savoir que l’union est restée dans un laxisme pendant trois ou quatre ans pratiquement, on n’a pas eu d’activité, rien n’a été fait. Cela sous-entend bien sûr lui donner une nouvelle identité, des textes, un compte bancaire et un siège. Ce qui assurément faisait défaut. C’est à nous désormais, avec la nouvelle équipe, de mettre tout cela en œuvre pour que l’union ait vraiment une identité pour pouvoir commencer à travailler.

N’est ce pas les discordes au sein de l’union qui ont provoqué ce laxisme? Alors comment comptez-vous réconcilier tous les acteurs de ce secteur?

C’est tellement beau le mot union. Cela veut dire qu’on doit tous se mettre ensemble. Comme le nom l’indique, “union”, nous allons d’abord commencer là-même, faire du porte à porte comme nous l’avions fait pendant la campagne. Humblement et fraternellement, nous retournerons voir nos frères et nos collègues pour leur dire que maintenant l’union est sur pieds, d’y adhérer. A l’unisson, nous allons travailler parce que c’est ensemble que nous sommes forts. Et tout cela sur un fond de solidarité, un des piliers essentiels du projet de gestion de l’union. Oui, cela me donne l'opportunité de décliner un peu mes activités. Un accent particulier sera mis sur la solidarité et la formation surtout. Et ce sera l’essentiel de notre  message que nous allons porter à nos collègues au cours de notre visite très prochaine dans les rédactions. Nous les inviterons en ces termes: Venez, adhérez à l’union, c’est ensemble que nous allons constituer une force pour pouvoir aller de l’avant.

Ordinairement, nous prenons presque tous sur le tas avant de nous retrouver en entreprise et essayer de performer nos rendements. Concernant la formation, l’union va-t-elle supporter tous les coûts? Ou le journaliste devra contribuer pour sa formation?

J’estime qu’en toute chose la gratuité n’est pas la bienvenue puisque quand tout t’est donné gracieusement, ce n’est pas agréable pour toi-même. Il est vraiment important de faire un petit effort pour pouvoir assurer ta formation. Concernant notre union, nous avons déjà entrepris des démarches. Toutefois, il en existait avec l’ancien bureau dans une école de formation, sise a Treichville. Donc nous allons continuer ce partenariat avec cette école. Par votre biais, je confie tous les journalistes à nous contacter, ceux qui sont concernés, ceux qui veulent vraiment se former à nous contacter parce que nous sommes rentrés en contact avec la direction de notre école partenaire pour pouvoir poursuivre ce partenariat. Cela, pour que les journalistes puissent se former, aient un diplôme professionnel. Et ce diplôme professionnel pourrait leur permettre d’avoir la carte de journaliste professionnel ce qui est très important dans la professionnalisation du métier même que nous faisons.

Nous allons faire aussi d’autres formations autrement dit des modules. Pour ce faire, nous sommes en contact avec certains journalistes de renom, qu’ils soient africains, européens ou autres. Donc nous sommes en contact avec eux pour pouvoir tisser un partenariat. S’ils peuvent venir en Côte d’Ivoire ici pour faire un module de formation, sur trois jours et sur des thèmes bien précis à l’attention des journalistes qui le veulent bien. Mais je souhaite que tous les journalistes de sport soient concernés. Ce qui nous permettra de maximiser notre rendement au quotidien.

Dites, l’union a-t-elle les potentialités pour supporter les coûts de formation?

Bien évidemment et même mieux je crois qu’on a les potentialité de tout faire, ce que tu imagines, tu peux le faire. On ne va pas se limiter. On a besoin de faire quelque chose de nouveau et de grand pour les journalistes. Alors là, nous allons nous donner les moyens pour trouver les partenaires idoines pour pouvoir assurer la formation. Une partie de la formation des journalistes parce que eux aussi font participer pour que ce soit vraiment bien.

Quel conseil donnerez-vous aux jeunes filles qui souhaiteraient se retrouver, comme vous,  dans un univers qui autrefois était la chasse gardée des hommes?

Je leur dirai d’emblée qu’il n’y a pas de cloisonnement. Si elles veulent, si elles aspirent à être des journalistes de sport, qu’elles foncent pourvu qu’elles aient la passion, l’amour pour la chose, qu’elles aient aussi beaucoup de persévérance parce qu’on a besoin d’être persévérant. On a besoin aussi de la patience pour pouvoir faire ce métier de journalisme. C’est clair qu’on n’a pas assez de temps pour la famille, c’est un peu difficile. Il faut tout faire dans le bon état d’esprit, il faut accepter les critiques parce que journaliste, il faut accepter les critiques constructives qui te permettent d’avancer.

Avez-vous du temps pour votre famille, pour vos enfants?

C’est une question d’organisation et un impératif de trouver le temps pour la famille. C’est vraiment difficile parce que chaque week-end. il y a les reportages, les plateaux en direct à assurer. Donc, c’est un peu difficile. Mais j’ai la chance d’avoir un mari très compréhensif. Donc je crois que tout se passe bien. On essaie de gérer. Quand j’ai du temps à la maison, je le leur consacre entièrement, à mon mari et à mes enfants de façon exclusive.

Participez-vous souvent à des activités caritatives?

C’est vrai que je suis femme de journaliste de sport, je suis toujours sur le terrain, il faut pouvoir aussi gérer le foyer. Mais je trouve toujours du temps pour faire du social, d’aller rendre visite aux orphelinats. Je voudrais juste lancer un appel à tout le monde; les enfants qui sont dans les orphelinats ont besoin de nous. Il ne faudrait pas que ce soit de façon sporadique les jours de fêtes de décembre pour que tout le monde court avec les cadeaux. Tout le long de l’année. les enfants qui sont dans les orphelinats ont besoin de notre présence, ont besoin de sentir notre amour et notre tendresse. Je demande à tout le monde quelque soit votre occupation, trouvez au moins un jour dans la semaine pour rendre visite à un orphelinat parce que ces enfants ont besoin d’amour.

Un dernier message à faire passer…

A tout seigneur, tout honneur. Nous allons décider de célébrer aussi sous notre mandat le journaliste de sport, parce que comme je le disais tantôt, on est beaucoup pris, on est toujours entrain de bosser. Mais il faut qu’on consacre une soirée à nous célébrer nous-mêmes. Donc nous avons institué le prix des micros d’or pour récompenser des journalistes audiovisuels. puis il y aura le prix du meilleur article sport en ce qui concerne la presse écrite ou bien la presse en ligne. Bien entendu le prix de la meilleure photo pour les journalistes reporters photographe. C’est une manière de motiver et faire la promotion de notre métier pour que tout le monde voit le travail que nous abattons tout au long de l’année.

Nous avons également décidé de rendre hommage à l’un de nos présidents décédés, Kanga Rovia. Nous allons instituer un tournoi dénommé et doté du trophée Kanga Rovia.

Aussi avons-nous un pan de notre mandat qui va s’intituler “l’invité UNPSCI”. Il s’agit pour nous d’échanger avec une personnalité du sport. Ce sera une tribune d’échange avec tous les journalistes qui vont l’interroger des questions sur son programme, son métier…dans un cadre très agréable.  On va sortir un peu des sentiers battus pour que ça se passe dans de meilleures conditions.

Je voudrais toujours inviter tous les journalistes qui sont dans une rédaction et qui sont spécialistes de sport à venir rejoindre l’union. Je ne le dirai jamais assez, c’est ensemble que nous allons constituer une force pour pouvoir débattre, défendre notre bien-être. C’est clair que le journaliste de sport n’évolue pas dans de bonnes conditions. Au stade, les conditions dans lesquelles nous travaillons sont difficiles, nous n’avons pas de wifi. Et quand il pleut par exemple au stade Felix Houphouët Bobigny, il faut tout de suite qu’on se déplace… En tout cas, on a besoin d’être ensemble pour mettre tous nos désirs, nos préoccupations pour pouvoir les porter comme une seule personne aux autorités compétentes pour qu’on puisse nous entendre enfin!

 

 

Yolande Jakin

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