Murielle Ahouré : ``Mes souffrances intérieures ne m`ont pas permis d`être au top``

Après une saison marquée par de nombreux échecs sportifs, la star ivoirienne de l’athlétisme mondiale Murielle Ahoure revient  sur une « année noire », entre blessures, drame familial et incompréhension du public. Elle assure être à nouveau debout, prête à reconquérir son trône, pour « assurer la réputation et l'image de [son] pays ».

A 30 ans, l’Ivoirienne a écrit quelques pages de légende à jamais indélébile dans le livre de l’athlétisme ivoirien. Mais là où beaucoup fondait en elle de grands espoirs, après une saison précédente de bon augure,  elle a multiplié les contre-performances. Alors que la saison démarre, Murielle Ahoure a accepté de répondre aux questions de Jeune Afrique, et de dévoiler un pan de ce qui l’a le plus handicapé au cours des mois qui viennent de s’écouler. Elle réaffirme aussi avec force sa volonté de revenir au plus haut niveau.

Pourquoi avez-vous connu tant de  difficultés  au cours de cette saison, au point de ne glaner aucune médaille? Certaines personnes pensent que vous êtes finie ? 

Je veux avant tout vous dire merci pour l’opportunité que vous m’offrez. Je peux me permettre de vous le dire, maintenant, parce que ma douleur s’apaise tout doucement. L’année précédente a été une année noire pour moi. Une grave blessure m’a clouée : pendant près de neuf mois, j’ai été privée de la piste d’athlétisme. L’année qui a suivi, j’avais des frayeurs, quand j’ai appris que l’état de santé de mon père, le général [Mathias] Doué, se détériorait de jour en jour. Et ça a été suivi du gros choc : son décès. Les gens ne savaient pas les batailles intérieures que je menais, comment je suis restée forte pour pouvoir sourire, malgré ces profondes blessures, car mon père a véritablement souffert de sa maladie. Ce sont des choses qui m’ont sérieusement affectée. Les gens ne pouvaient pas comprendre ce dont je souffrais intérieurement. Ce sont des choses qui ne se disent pas. Je voudrais que l’on me comprenne, et qu’on me laisse faire mon deuil. Le moment viendra où je pourrai m’ouvrir aux médias comme je l’ai toujours fait par le passé. Je sais ce que je dois faire. Je sais ce que je vaux. Je sais ce que je suis capable de faire

Quels sont vos prochains challenges ?

J’ai toujours cherché à être à un niveau d’excellence, pour protéger et assurer la réputation et l’image de mon pays. Que Dieu qui est miséricordieux me donne de bonnes dispositions pour avoir un encadrement d’experts, pour continuer à travailler très dure, de manière assidue, rigoureuse, perfectionniste, minutieuse et propre. Et être au mieux de ma forme pour glaner plus de victoires. Je sais ce que je dois faire. Je sais ce que je vaux. Je sais ce que je suis capable de faire. Je suis loin d’être satisfaite, mais je ne suis plus inquiète, aujourd’hui. Je suis pleine de confiance et je poursuis sereinement ma préparation pour la saison prochaine.
Pour tout sportif, ce sont des choses qui peuvent arriver d’un moment à l’autre

Cette saison, allez-vous vous cantonner aux 200 ou 100 m ou pourrez-vous vous aligner sur les 400 et 800 m ?

Je ne m’alignerai que sur les 100 et 200 m. Cette année, je n’ai pas pu réaliser le programme de mes 200 m parce qu’après quelques séances d’entrainement ou tout allait superbement bien, survient, à mi-chemin, le décès de mon papa. Malheureusement, pour tout sportif, ce sont des choses qui peuvent arriver d’un moment à l’autre. On ne peut rien contre le destin, alors que l’esprit et le corps sont soumis à de dures épreuves, pour atteindre le niveau exigé. L’athlétisme, c’est le moral et la protection, à 100%.

Comment vivez-vous la concurrence avec Marie Josée Ta Lou, qui vous a mis dans l’ombre ? 

Le rôle d’un leader, c’est de produire d’autres leaders ou de stimuler l’émergence des autres. Le plus important, bien sûr, c’est de contribuer et de participer avec honneur et dignité. Le plus important c’est la Côte d’Ivoire qui gagne et glane des médailles à travers le monde.

 

 

Source : jeuneafrique.com

 

VOIR AUSSI

Monique Mutombo : la femme qui défie les hommes en RDC
17 Juil 2018
Monique Mutombo : la femme qui défie les hommes en RDC

La seule femme candidate à la présidentielle du 23 décembre en RDC estime que les membres de l'opposition [ ... ]

Lire Plus...
La Tanzanienne Rahma Bajun redonne vie au tissu traditionnel ‘Kitenge’...
16 Juil 2018
La Tanzanienne Rahma Bajun redonne vie au tissu traditionnel ‘Kitenge’!

Cette Tanzanienne est la fondatrice et la directrice artistique de MnM Clothing Line, une marque de vêtements [ ... ]

Lire Plus...
Sénégal : Soham El Wardini, à la tête de la mairie de Dakar en l`absen...
13 Juil 2018
Sénégal : Soham El Wardini, à la tête de la mairie de Dakar en l`absence de Khalifa Sall

En l’absence de Khalifa Sall, incarcéré depuis mars 2017 et dont le procès en appel s’est ouvert [ ... ]

Lire Plus...
Pernelle Obame  : ``On nait albinos, on vit albinos, on mourra albinos...
12 Juil 2018
Pernelle Obame  : ``On nait albinos, on vit albinos, on mourra albinos``

L’entrepreneuse gabonaise Pernelle Obame considère que la chose la plus important est de donner de [ ... ]

Lire Plus...
Témoignages : ces dirigeantes qui ont réussi à briser le plafond de ve...
10 Juil 2018
Témoignages : ces dirigeantes qui ont réussi à briser le plafond de verre

Qu’est-ce qui permet aux femmes de s’imposer dans le monde du travail ? Comment s’imposer dans ce [ ... ]

Lire Plus...
Tiguidanke Camara : la seule femme propriétaire d`une compagnie minièr...
06 Juil 2018
Tiguidanke Camara : la seule femme propriétaire d`une compagnie minière en Afrique francophone

Tiguidanke Mounir Camara, ancien mannequin, est la présidente et fondatrice de Tigui Mining Group (TMG). [ ... ]

Lire Plus...