Punir son enfant : ce qui marche et ce qui ne marche pas

Il désobéit tout le temps, elle répond sans cesse… Pour un parent, il est parfois difficile d’exercer son autorité sur un enfant qui franchit une limite. Comment « bien » punir, comment ne pas culpabiliser, fessée ou non… Autant de questions auxquelles Bruno Hourst, chercheur en pédagogies nouvelles et auteur de « J’aide mon enfant à bien vivre l’autorité » aux éditions Eyrolles, apporte son éclairage.

A quoi sert une punition ?

Il faut avant tout faire la distinction entre une sanction et une punition, deux termes trop souvent confondus. La sanction se réfère à une règle fixée. Si l’enfant ne suit pas la règle, il est sanctionné et il doit savoir que la sanction sera appliquée en cas de non-respect de cette règle. La punition a plus un but de « dressage » que d’éducation. Elle joue souvent sur la peur et l’humiliation voire sur la dévalorisation de l’enfant et peut avoir des répercussions sur le développement de sa personnalité.

Comment faire pour que la sanction ait réellement un rôle éducatif ?

Il faut avant tout fixer des règles. La première étape est de faire connaître ces règles à votre enfant (heure du coucher, autorisation de sortie, interdiction de toucher tel ou tel objet). Cette démarche est essentielle pour la structuration de l’enfant et de l’adolescent, cela permet de le « cadrer » et de lui donner des repères. Ensuite, veillez à lui faire connaître la sanction afin qu’il sache à quoi s’attendre. Enfin, appliquez la sanction en cas de non-respect de la règle. Il n’y a rien de pire qu’une sanction non appliquée car l’enfant va ressentir un sentiment d’impunité par rapport au suivi des règles.

Quelles sont les caractéristiques d’une bonne sanction ?

Il y a plusieurs principes à respecter. Premier principe : il faut sanctionner le plus tôt possible, mais « à froid », lorsque les émotions sont calmées. Deuxième principe : la sanction doit être l’occasion de rappeler la règle. Par exemple : « tu es sortie du jardin en vélo, je te rappelle que c’est interdit. Tu seras privée de vélo demain toute la journée ».Troisième principe : la sanction doit être en rapport avec la faute. Si l’enfant a une mauvaise note à l’école, on ne supprime pas son argent de poche.Quatrième principe : la sanction doit être proportionnelle à la faute : petite faute, petite sanction. Enfin dernier principe : la sanction doit être réparatrice, dans la mesure du possible. Par exemple, l’enfant nettoie ce qu’il a sali : la faute est « réparée », on n’en parle plus.

Que conseillez-vous aux parents qui ne veulent pas punir ou sanctionner ?

Ne pas sanctionner l’enfant l’empêche de se structurer et peut même le mettre en danger. Le laxisme est déconseillé. Si le parent ne sanctionne pas, s’il satisfait tous les désirs de l’enfant en ne lui imposant pas le respect des règles fixées, il va agir finalement au détriment de l’enfant.

Comment éviter le sentiment de culpabilité lorsque l’on punit son enfant ?

Ce qu’il faut savoir, c’est que l’interdit est sécurisant pour l’enfant. Même s’il râle, il se sent protégé et peut développer son autonomie. Lorsque l’on ne leur donne pas de cadre, lorsqu’on ne met pas de barrières, nous les mettons en danger psychologiquement et parfois physiquement. Il faut donc construire, le plus tôt possible, une relation avec son enfant non pas dans la contrainte et l’insécurité mais dans l’écoute et le respect.

Que penser des punitions corporelles ?

Bien entendu et avec beaucoup d’hypocrisie, même si cela est interdit par la loi, les châtiments corporels continuent d’occuper une place silencieuse dans l’éducation des enfants. Et la violence psychologique, si elle ne laisse pas de traces sur le corps des enfants, peut en laisser d’autrement plus graves sur leur psychisme et leur personnalité. Sur ce point, il semble important de distinguer la violence envers l’enfant (châtiments corporels) et le geste physique ferme par lequel le parent met un coup d’arrêt à un comportement de l’enfant devenu ingérable. En cas de nécessité, une tape sur la main ou sur les fesses, ferme mais sans violence, signifiera à l’enfant : « On ne discute plus, c’est la règle, maintenant tu obéis. »

 

 

Source : Autre presse

 

 

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