Fertilité : « Les femmes doivent pouvoir conserver leurs ovules »

Pour permettre à des femmes d’avoir des chances de grossesse jusqu’à 43-45 ans, l’Académie de médecine est favorable à une « auto-conservation d’ovules ».

 

Des enfants de plus en plus tard

Les femmes et les couples font des enfants de plus en plus tard. Aujourd’hui, 5 % des accouchements concernent des mères âgées d’au moins 40 ans, contre 1 % en 1980. Mais, à partir de 35 ans, la qualité des ovules est moindre, la fertilité baisse, les chances de grossesse s’amenuisent.

Une solution possible ? Prélever les ovocytes jusqu’à 35 ans, après un traitement hormonal et échographique, puis les conserver par vitrification (une congélation instantanée à - 196oC dans l’azote liquide). Et les féconder par micro-injection d’un spermatozoïde. Les femmes pourront les utiliser plus tard, si besoin, dans le cadre d’une éventuelle PMA (procréation médicalement assistée). En France, cette technique était réservée aux femmes souffrant de maladies graves ou menacées de ménopause précoce.

« Un chantage ou un leurre »

Face à une demande croissante des femmes et des couples, la loi de bioéthique a évolué. Depuis janvier 2016, une femme qui n’a jamais eu d’enfant peut conserver ses ovules, mais à une condition : qu’ils soient prélevés dans le cadre d’un don à une autre femme et qu’en cas de nombre insuffisant d’ovocytes, priorité aille au don. « Cette offre […] peut être perçue comme un chantage ou comme un leurre », écrit l’Académie de médecine dans un rapport rendu le 19 juin. De plus, ce système est souvent inefficace. « Compte tenu de la large priorité accordée au don, les chances pour ces donneuses de conserver des ovocytes pour elles-mêmes sont quasi nulles. » Il faut de 15 à 20 ovocytes pour espérer une grossesse. Pour une femme, il faudrait donc multiplier les cycles de stimulation hormonale nécessaires au prélèvement si l’on veut que le don et l’autoconservation aient tous deux des chances d’être efficaces.

« Sans paternalisme ni jugement moral »

L’Académie de médecine – composée de médecins, de pharmaciens, de biologistes – a adopté par 54 voix (12 contre, 22 abstentions) un texte qui préconise de dissocier don et autoconservation. Comme le note le gynécologue Jacques Milliez, « le principe d’autonomie des femmes devrait être respecté, sans paternalisme médical ni jugement moral, pour pallier les conséquences de l’infertilité liée à l’âge, pour les femmes qui, à 35 ans, n’ont toujours pas de partenaire stable, ou qui optent temporairement pour des choix de vie sans maternité immédiate ».

« Il n’est pas question d’autoriser des grossesses à 65 ans, mais de permettre à des femmes dont la fertilité baisse d’avoir des chances des grossesses jusqu’à 43 ou 45 ans », souligne le professeur Philippe Bouchard, endocrinologue, spécialiste de la médecine de la reproduction.

Elles partent à l’étranger

L’Académie de médecine plaide pour que les Françaises aient accès à l’autoconservation d’ovules, « de manière légale et contrôlée ». Puisque c’est interdit en France, celles qui en ont les moyens partent à l’étranger où ces techniques sont autorisées, en Italie, en Espagne, en Belgique, en Grande-Bretagne, en République Tchèque… L’institut espagnol Ivi (Institut de Valence contre l’Infertilité) a enregistré 42 demandes françaises en 2015 pour cet acte facturé plusieurs milliers d’euros. « Il existe un mercato de la congélation d’ovocytes, dans un but lucratif », constate l’Académie de médecine, qui veut justement prévenir ces dérives mercantiles.

Le gouvernement et le Comité d’éthique

Les Académiciens rendent des avis consultatifs que le gouvernement suit ou pas. Le rapport rendu le 19 juin intervient à un moment important. Une autre institution, le Comité consultatif national d’éthique, doit se prononcer, d’ici à la fin juin, sur des questions liées à la procréation, qui suscitent des débats passionnés. Notamment la PMA autorisée ou non pour toutes les femmes, y compris les homosexuelles. Actuellement, la PMA est réservée aux couples hétérosexuels.

 

Source : ouest-france.fr

 

 

VOIR AUSSI

Ovulation: combien de temps après l`arrêt de la pilule?
11 Oct 2017
Ovulation: combien de temps après l`arrêt de la pilule?

Vous avez un projet de grossesse, et venez d'arrêter votre pilule. Au bout de combien de temps une ovulation [ ... ]

Lire Plus...
Conception : à quoi servent les courbes de température ?
05 Sep 2017
Conception : à quoi servent les courbes de température ?

Saviez-vous qu’à chaque cycle, une femme n’a en réalité qu’une chance sur 4 de tomber enceinte [ ... ]

Lire Plus...
L`allaitement pourrait réduire le risque d`endométriose
04 Sep 2017
L`allaitement pourrait réduire le risque d`endométriose

Selon une analyse rétrospective portant sur plus de 72.000 femmes ayant eu une ou plusieurs grossesses [ ... ]

Lire Plus...
Les compléments alimentaires peuvent favoriser la conception de bébé...
24 Aoû 2017
Les compléments alimentaires peuvent favoriser la conception de bébé

Pour tomber enceinte, mieux vaut mettre toutes les chances de son côté. Votre envie de bébé confirmée, [ ... ]

Lire Plus...
Fille ou garçon : la réponse dans l`assiette ?
14 Aoû 2017
Fille ou garçon : la réponse dans l`assiette ?

Et si le sexe de bébé se jouait dans votre assiette ? Retour sur les différents travaux qui ont été [ ... ]

Lire Plus...
Quand le stress empêche de tomber enceinte... Que faire?
01 Aoû 2017
Quand le stress empêche de tomber enceinte... Que faire?

Nous avons tous entendu parler de ce soi-disant phénomène selon lequel une femme qui essaie à tout [ ... ]

Lire Plus...