Un logiciel calcule pour chaque femme le risque de cancer du sein

Développé par une société française, cet outil intègre quatre facteurs de risque puis suggère la fréquence à laquelle des examens de contrôle seront nécessaires. Personnaliser le dépistage du cancer du sein. C'est l'objectif du logiciel MammoRisk, développé par la société française Statlife et qu'explore l'Institut Gustave Roussy. Cet outil calcule la probabilité pour chaque femme âgée de plus de 40 ans de développer un cancer du sein dans les cinq ans à venir. A partir du score obtenu, MammoRisk suggère ensuite à quelle fréquence la patiente devrait effectuer un examen clinique et une mammographie de dépistage.

La densité mammaire prise en compte

Dans les évaluations actuelles, trois facteurs sont déjà pris en compte : l'âge, le nombre de cancers du sein dans la famille et le fait d'avoir déjà eu une biopsie mammaire négative. L'originalité de MammoRisk est d'introduire un quatrième facteur : la densité mammaire, qui mesure la proportion de tissu glandulaire et canalaire dans le sein par rapport au tissu graisseux. « Les femmes avec la densité la plus élevée ont de 4 à 6 fois plus de risques de cancer du sein que les femmes dont les seins sont presque entièrement constitués de tissu adipeux », souligne Statlife.

Comparer à la moyenne d'une tranche d'âge

Autre intérêt du logiciel, le pourcentage de risque calculé pour la patiente est catégorisé et représenté sur un graphique par rapport aux courbes de la population générale. « Un chiffre brut n'est pas très compréhensible. On peut se dire : un risque de 1,2 %, ce n'est pas beaucoup », explique à l'AFP Nancy Abou-Zeid, de la Fondation ARC, qui soutient le développement du logiciel. Or si le risque moyen dans la tranche d'âge de la patiente est de 1 %, cela signifie en fait qu'elle a 20 % de risques en plus, ce qui est « beaucoup ». Une bonne réception de l'outil Une fois le logiciel conçu, l'Institut Gustave Roussy a voulu vérifier « l'acceptabilité et la faisabilité » de cet outil en consultation. Et la réception a été bonne. Selon une étude publiée en octobre , « les femmes étaient prêtes à accueillir un score de risque », souligne Nancy Abou-Zeid. Sur 450 patientes, le taux d'acceptation a été de 97 %. Ces femmes « ont trouvé les informations claires, ont bien compris le programme de suivi proposé » et, « 48 heures après la consultation, le niveau d'anxiété et de stress était faible », ajoute l'institut. L'étape suivante démarrera donc fin 2017, avec  l'étude MyPebs(« My Personnal Breast Screening ») : 85.000 femmes seront recrutées dans cinq pays différents pour tester l'outil et voir si un dépistage personnalisé avec MammoRisk est aussi efficace qu'il y paraît.

« Un suivi moins intrusif »

A terme, on pourra renforcer la surveillance des femmes à risques et « avoir un suivi moins fréquent et moins intrusif » pour les femmes à faible risque, poursuit Nancy Abou-Zeid. Aujourd'hui, le programme français de dépistage propose de façon généralisée une mammographie tous les deux ans aux femmes de 50 à 74 ans, hormis celles présentant des prédispositions génétiques, pour qui la fréquence est annuelle. Mais on estime que cet examen  conduit dans 10 % à 20 % des cas à détecter des tumeurs qui n'auraient jamais évolué en cancer invasif du vivant de la femme (on parle alors de surdiagnostic) et, dans un petit nombre de cas, à développer un cancer induit par les radiations des mammographies.

 

Source AFP