N`Dri Michaëlle Bénédicte, Responsable RH: ``à un certain moment dans la vie, il faut vivre pour soi``

Responsable des ressources humaines et passionnée par la mode et l'esthétique, N'Dri Michaëlle Bénédicte a plusieurs cordes à son arc. Elle revient avec nous sur son parcours. Rencontre avec une femme ambitieuse qui a du cœur à l’ouvrage.

Avant tout, intéressons-nous à votre parcours. Voudriez-vous, brièvement, nous le retracer?

Ce parcours, vraisemblablement modeste, commence au Collège Saint-Viateur de Bouaké où j'ai obtenu Bac littéraire. Ce parchemin m’a ouvert les portes l'Université de la même ville. J'y ai fait une maîtrise en Droit Carrière Entreprise. L'appétit venant en mangeant, j'ai jugé bon, parallèlement à cela, d’ajouter à mon background d’autres Diplômes. Ce sont notamment la capacité de gestion des entreprises, le master en Droit du Travail à l'UFRA, le diplôme d'ingénierie en ressources humaines... Cahin caha, timidement j’ai embrassé la vie active, comme tout le monde. Et allègrement, j’ai joint à la théorie la pratique pour chacun des diplômes. Deux ans de stage à la SIR, un an à Fraternité Matin au service juridique, six mois dans un bureau de change manuel. Pour finir avec ce volet, J’ai occupé le poste de responsable des ressources humaines à Sagem et plus tard dans un établissement financier. Toutefois, je demeure passionnée par la mode et l'esthétique.

A présent, un clin d’œil à vos activités

Comme le dit Xavier Dolan, ''Tout est possible à qui ose, travaille et n’abandonne jamais”. J’ai fait mien cet adage qui m’a permis, en 2007, d’ouvrir mon premier salon de coiffure au Plateau Dokui. Exigu, il était et n’avait pas le standing à la hauteur de ma vision. Alors, en 2010 délocalisé à Angré 8ème tranche, star 11, la petite graine a germé et donné un véritable institut de beauté ‘’Saphir MCC’’. Cet institut dédie plusieurs espaces: pour hommes, soin corporelle, massage, sauna et pour dames. En 2012, de la maison ou je commerçais déjà, j’ai vu des vertes et des pas mûres puisque ton intimité n’existe plus et ton champ d’action est limité à ton cercle d'amis. Sénèque, le philosophe, en disant ''ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas. Mais c’est parce que nous n’osons pas que les choses sont difficiles”, m’a inspirée. Je me suis donc risquée à ouvrir ma boutique de vêtements prêt à porter ''Familly team’’ et de chaussures pour enfants, dames et hommes de tous les âges.

Parlant de vêtements, quelles sont les tendances en matière de mode vestimentaire ?

Je parlerai d’abord de goût vu que chez ''Familly team’’ les femmes sont très tailleur et robe. Elles sont, pour la plupart, des femmes en activité, des femmes de carrière qui allient élégance et responsabilité.

Dites nous, depuis combien de temps faites vous cela? Qu'est ce qui vous a poussé dans l'esthétique?

Je dirai depuis 2007 avec l’ouverture du salon de coiffure qui est devenu institut de beauté en 2011. J’estime, pour ma part, que la beauté est dans l'âme. Tout le monde est joli. Seulement nous manquons d’assurance, de confiance en soi et surtout d’un peu d'entretien. Il fallait donc y contribuer pour extérioriser ces valeurs cachées en chacun de nous. Telle est la raison qui m’a jetée dans les bras de l'esthétique.

10 ans de métier dans le domaine de l'esthétique. Les réalités sont-elles les mêmes d’hier à aujourd’hui? Ou y a t-il un changement notable depuis le début jusqu'à aujourd’hui?

A César, ce qui est à César. Les temps ont bien changé et les habitudes aussi. En 2007, les hommes ne s'y intéressaient pas véritablement. Ils venaient juste pour se faire couper les cheveux, quelques uns pour les ongles. Mais aujourd'hui, ce n’est pas pareil, on a autant d'hommes en esthétique que de femmes.

Une remarque avérée, il y a de plus en plus d'instituts de beauté. Comment faites-vous pour fidéliser vos clients?

Pour toute chose, il est impérieux de faire preuve de sérieux, rigueur et de professionnel dans le service que nous offrons. C’est ce que nous faisons bien entendu en recrutant des professionnels en la matière et leur inculquer les vertus de l'accueil. Être par exemple jovial, chaleureux et accueillant. Ainsi, on fidélise le client. A cela s’ajoutent les offres avec des packs de remise. C’est le cas avec la séance normale de gommage du corps, de sauna qui fait 30 000 FCFA la séance. Dix (10) séances avec nous on te fait une réduction. Sans oublier les cartes de fidélités, la date d'anniversaire de nos clients à laquelle le client se voir offrir une prestation. Ce sont des actes modestes qui satisfont le client et fidélisent.

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez?

La foison d'instituts, malheureusement, nous expose à la concurrence déloyale et avec l’utilisation de produits de mauvaise qualité pour certains qui jette le discrédit sur la corporation. En effet, quand ils viennent, ils baissent le coût pour attirer, mais plus tard le client qui est parti se rend compte qu'il y'a une différence de qualité. Il revient et s'excuse. Et la pire des difficultés est la gestion du personnel. Avouons le, le petit personnel est très difficile à fidéliser. Chez nous par exemple, les employés sont assurés chez Stan et ont droit à un congé payé avec un salaire, on ne peut plus intéressant. Mais ça ne suffit pas pour les fidéliser.

Combien d’employés avez-vous ?

Il y a 10 employés dont 1 homme et 9 femmes.

Est-ce à dire que vous aimez travailler avec les femmes que les hommes? Ou cela veut-il dire que les femmes sont-elles plus intéressées par le métier?

(Rire) Les hommes sont aussi intéressés par le métier, mais j’ai pu constater qu’ils ne sont pas très sérieux en terme de gestion des finances. Et il faut dire que j’ai un espace dédié aux hommes donc je n’ai pas besoin de plusieurs coiffeurs hommes.

Quelles sont les valeurs auxquelles vous êtes attachée ?

La loyauté, la fidélité et l’honnêteté…

Vos conseils pour concilier vie professionnelle (bureau et activités) et vie privée

Pour chaque boutique, j’ai une gérante. Une pour l’institut et une autre pour le la boutique de vêtements. Je crée les conditions et je mets les moyens à leur disposition pour qu’elle gère les activités en toute quiétude comme si c’était les leurs. Je n’ai pas de problème avec mes gérantes. Du boulot les soirs, lorsque je n’ai pas de cours car je prends des cours aussi, je pars directement à la boutique puis à l’institut. Les week-ends j’y suis mais le temps pour sa famille est une priorité.

Que pouvez vous dire à toutes ses femmes qui souhaiteraient se lancer dans le monde des affaires ?

“Le succès n’est pas la clé du bonheur, mais le bonheur est la clé du succès. Si vous aimez ce que vous faites, vous réussirez”, dit Albert Schweitzer. Il ne faut pas attendre d’avoir beaucoup d’argent pour commencer. J’ai commencé très petit a l’université de Bouaké ou, à mes heures libres, l’après midi, je vendais au bord des trottoirs des beignets avec de la bouillie, des jus de bissap et gnamakoudji (jus de gingembre). Et aujourd’hui, j’en suis là car j’avais déjà en vision. Il ne faut pas avoir peur de commencer. On se dit parfois qu’il y a d’autres personnes qui font la même activité que ce que nous souhaitons faire mais chacun à sa chance. Il faut persévérer et ne pas se laisser effrayer par les boutiques qui existent déjà dans le domaine que nous voulons embrasser. Il ne faut pas confondre sa caisse et sa poche. À un certain moment dans la vie, il faut être méchant et vivre pour soi et après se réconcilier. Tu as toute la famille à dos. Il faut être créative pour pallier les imprévus et supporter les coûts annexes. Au fur à mesure les idées viennent. Il y a beaucoup de personnes qui vont te dissuader. J’ai eu beaucoup plus de découragements que d’encouragements. Et ta famille est la première à le faire, mais il ne faut pas se laisser impressionner. Tu as un objectif, tu sais ce que tu veux, faut y croire, prier Dieu. C’est très important.

 

Mam Dieng

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